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09/06/2009

L'immensité du monde.... (suite)

En attendant que je publie mes prochaines notes, allez voir absolument ce lien...

Vous vous posez dans votre fauteuil, votre lit, votre canapé....

Vous prenez le temps d'avoir 1h30 devant vous, et dans votre vie chargée vous prenez le temps de prendre le temps... Ce temps qui file entre vos mains, ce temps où vous vous dites toujours "quand j'aurais le temps je ferais ça... " mais au final vous ne le faites jamais.

Parce que ça résume si bien une réflexion qui suit en filigrane mon voyage aussi... que je vais approfondir à la fin ... mais vous avez déjà pu lire un début de réflexion ici aussi.

Parce que ça nous concerne tous/toutes et qu'à travers les pays que je traverse, et parce que je m'intéresse à l'urbain et l'homme dans son environnement urbain, je ne peux qu'effectivement confirmer que l'homme dans un délire de maîtrise sur la nature au lieu de vouloir cohabiter afvec elle est en train d'épuiser ses ressources.... L'Inde à elle-seule est le reflet de notre avenir peut-être si nous ne faisons rien.

Lien trouvé chez Lionel B. Thanks. (et je ne peux pas l'intégrer car la fonction est désactivée par la personne qui a publié le lien).

Et pour compléter : cliquez ICI (merci Mamz'elle)

18:31 Publié dans Divagations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : home (fr)

16/04/2009

"Il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l'on ta confisqué" - Mohamed Moulessehoul - Yasmina Khadar

P1060637 [800x600].JPG« Mon âme, à la manière des herbes qui couronnent les cols et flottent selon les jours d’un côté de l’ensellement ou de l’autre, penche vers l’ubac (le versant du nord) pour la pensée et vers l’adret (le versant du soleil) pour l’action, pleine d’énergie et de santé quand il s’agit de courir le monde, terrassée par la peine quand il faut l’observer. » Petit Traité de l’immensité du monde, Sylvain Tesson.

Si moi je n’y crois pas qui le croira  (cf. cette note ci (cliquez) ?) Nous ne sommes jamais ou rarement soutenus dans les projets qui paraissent farfelus, démesurés, causes déclarées perdues, difficiles à mettre en œuvre. Ce n’est pas la première fois que je nage à contre-courant, ou me réalise là où on ne m’attend pas. C’est pénible et éprouvant aussi parfois. La récompense vient rarement immédiatement, mais quand les rêves après les efforts se concrétisent nous en tirons une immense satisfaction et un bonheur très particulier.

Seuls les « fous », les passionné(e)s, les artistes, quelques proches malgré tout, peuvent comprendre. Dans mon monde tout est possible… Un ami m’a rappelé récemment que je lui avais asséné cette conviction depuis quelques années. Pour les illuminés de châteaux en Espagne, il est parfois difficile de ne pas douter de la nécessité de s'investir, et de préserver cet acharnement à tenter de forger un monde différent à défaut de le rendre meilleur. La tête dans les étoiles, je me sens souvent isolée, malgré quelques fleurs qui fort heureusement égaient mon ciel.

Les hommes seront toujours des hommes avec les bons, les méchants, les je-m'en-foutiste, les investi(e)s. Constater l'imperfection de l'humanité pour une idéaliste humaniste ca peut faire virer a la misanthropie. Passages obligés de cynisme, existentialisme, désespoir, absurde.

Car lorsqu’on accepte de lever le voile qui souvent couvre nos yeux, nous prenons par la même occasion conscience de l’immensité des plaies du monde, de l’inconscience et irresponsabilités de l’humain. Je rejoins les désabusés et les inquiets concernant l’avenir écologique de notre planète. Depuis le début de mon voyage, je vois à quel point l’homme prend si peu soin de la terre. Les déchets non biodégradables salissent partout la beauté de l’Inde. Les buildings toujours plus hauts – égo des hommes – et constructions modernes désorganisées s’accumulent à Hong-Kong… Nous tuons lentement mais sûrement notre Espace. Seuls acteurs de notre salut ou notre destruction, à nous de choisir librement, mais en étant prêts à en assumer les conséquences. L’addition s’annonce salée, si des mesures ne sont pas prises rapidement et si nous ne voulons pas transformer notre environnement en poubelle géante. Nous ne sommes pas très loin du conte animé Wall-E. Ma fascination pour l’Urbain est à ce titre ambigu. « Le wanderer que je suis redeviendra humaniste lorsque cessera la suprématie du mâle. Il souffre à chaque instant de se heurter où qu’il porte ses pas (aux rares exceptions des pays scandinave, de certaines vallées himalayennes et des jungles primaires) à la toute-puissance de la testostérone. » - idem.

Contrairement à l’auteur et sa lassitude vis-à-vis des hommes que l’on ressent à la fin de son ouvrage, l’Inde m’a apaisée. Observer ce pays si contrasté m’a donné la réponse que je refusais d’admettre. Accepter l’Humain, son ying, son yang, capable du pire et du meilleur, ça sera toujours ainsi. Inch allah. « La liberté est un pouvoir réel et une volonté réelle de vouloir être soi. Une puissance pour bâtir, pour inventer, pour agir, pour satisfaire à toutes les ressources humaines dont la dépense donne la joie » - Aden Arabie - Paul Nizan (Merci Jo.)

Car il y a des choses qui donnent du sens, malgré ces éclairs de lucidité rationnelle qui nous montrent que nous menons une œuvre sisyphienne. Si l’existentialisme est un humanisme, l’existentialiste du XXIème siècle doit rêver à nouveau, renoncer à la facilité de son esprit fataliste et triste cédant le pas à la décadence. L’air du temps en Occident me fait parfois penser aux orgies romaines. Je ne suis pas une exception qui confirme la règle. Il est plus difficile de rêver parmi les ronces que de noircir un paysage déjà fort grisé. Je n’attends plus Godot, je vais le chercher. La crise adolescente de nos prédécesseurs – J. P. Sartre en 1960 dans sa préface du livre Aden D’Arabie de Paul Nizan, constate : « (…) nous avons tant de fois trahi notre jeunesse qu’il est simplement décent de la passer sous silence. ». - qui a bercé notre culture, a ouvert la voie à une somme d’infinis possibles.

S’ils existaient des nouveaux révolutionnaires aujourd’hui, peut-être nous ordonneraient-ils de croire que tout est désormais envisageable pour reconstruire différemment ce qui a été remis en question. Entre mai 68, « Dieu est mort », la « religion opium du peuple »,  il est sans doute temps de proposer une ou plusieurs alternatives créatrices, spirituelles dans laquelle les hommes pourraient à nouveau s’appuyer. Entre l’Inde polythéiste et la Chine matérialiste ne vénérant que le dieu Argent, il y a certainement un intermédiaire.

Il faut alors remettre son armure de poussières d’étoiles pour rêver d’un autre à-venir, et inviter les autres à rejoindre notre farandole, quelles que soient les causes défendues, car à travers leurs soutiens nous puisons aussi notre force. « La foi peut déplacer des montagnes ».Evangile Saint-Matthieu (17-20)

J’ose alors regarder la misère du monde et les faiblesses humaines en écoutant la voix silencieuse qui me guide à travers mes différents projets, me pousse à avancer et me battre néanmoins pour toutes les belles choses dont sont aussi capables les hommes. Je prends le meilleur en acceptant le pire, mais en le laissant sur le bas-côté pour continuer ma route. Quand sera venu le moment de l’inconnu, je pourrais dresser la carte des différents chemins que j’aurais empruntés sans boussole.

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31/03/2009

Ô temps suspend ton vol....Bangalore... 1h07 du mat'...

P1050465.JPG"Le voyage est un rezzou lancé sur le monde extérieur par le voyageur, ce prédateur en chasse qui revient un jour chez lui, lourd de butins. Un voyageur digne de ce nom ne peut s'intéresser à lui-même et cherche hors de soi matière à l'émerveillement", Petit Traité sur l'Immensité du monde, Sylvain Tesson. C'est peut-être pour cette raison que j'ai tant de mal à poursuivre l'exercice scolaire du "carnet de bord" (mais vous l'aurez dès que je peux, la semaine en "digest".) Ca me parait assez vide finalement, parfois difficile de retranscrire par un simple descriptif ce que je ressens et/ou vis. 13 jours que je suis partie...

Psychologiquement j'ai l'impression d'être partie depuis longtemps, ce, malgré le fait que je suis encore "connectée" à certain(e)s de mes proches. Le temps passe à la fois lentement et très vite... "Demain"  (le 8/04) déjà et je serai à Hong-Kong, alors que je n'ai  fait que "goûter" à ce que l'Inde pouvait m'apprendre. Je n'aurais pas le temps. L'"effleurage" des cultures que je traverse, ces gens que je rencontre, six mois c'est trop court. Nomade éternel(le) ? L'infini des possibles."La mosaïque du monde est riche de tant de carrés, comment perdre du temps sur son misérable tas de secrets intérieurs ?" (idem).

J'ai quitté Delhi ce matin (hier pour la lecture de cette note en France), pénible impression de passer mon temps à dire"au revoir" ces derniers temps. Ma mobilité a toujours un prix. "Au revoir" ou "Bonjour" les autres, m'a dit Ludo ce matin, alors que je le quittais. "A bientôt ici ou ailleurs", Anouck. J'ai dit "Bonjour" à Antoine & Linda en arrivant à Bangalore.

Quelques personnes croisées à Delhi m'ont demandé comme une évidence quand je revenais du Sud de l'Inde, convaincues parfois que moi aussi j'étais installée à Delhi. Non, de passage. Passagère clandestine de vos tranches de vie que je suis venue partager avec vous pour avoir une mise-en-bouche de ce que pourrait être ma vie en Inde. Je suis venue oublier tout ce que je sais, tout ce que j'ai appris. Devant toi, je me pose humblement en demandeuse. Je ne sais qu'une chose c'est qu'aujourd'hui je ne sais rien. " .. (Le voyageur) rêve au contraire que l'univers conserve le visage de ces forêts semper virens où un seul hectare recèle cent cinquante espèces d'arbres distinctes luttant pour la lumière dans la joyeuse violence du divers." (idem). Toi, qui que tu sois, apprends-moi. Comme une enfant à ses premiers balbutiements, je demande souvent : "And how do you say that, and that ?" et je répète.

Paris m'étouffait. Paris et "ses possibles/pas possibles", Paris et ses carcans bien-pensants même dans la décadence. Paris P1020745 [800x600].JPGconservatrice, Paris enfant "gâtée". Paris que j'aime pourtant aussi pour tout le charme qu'elle a aussi, Paris au patrimoine culturel si vaste, Paris et ses p'tits cafés, Paris charmante, Paris, la nuit surtout... Paris, quand à nouveau souris-tu, mademoiselle capricieuse, si blasée, si cynique, si déchantée ? Quand renaîtras-tu de tes rêves brisés ? Toi, ville si magnifique. Le béton et non-perspectives t'ont-ils oté ton humanité, tes rêves, tes espoirs ? .... Et pourtant, il y a une belle énergie éparse, des étoiles dans ton ciel noir, sombre, morose. Paris, la coquette se fanerait-elle ? Paris en crise, réagira-t-elle ? Paris, je t’aime, mais comme tous ceux que j’ai aimés, je t’ai quittée, pour ne pas m’enfermer dans ta dépression. Une remise en question nécessaire... « Pour bien vagabonder, il faut peu de choses : un terrain propice et un état d’esprit juste, mélange d’humeur joyeuse et de détestation envers l’ordre établi » (idem). Toi, ici, comment  traverses-tu cette crise planétaire ? Tu n'y penses pas dans ton rickshaw, chaque jour suffit sa peine.  Les plus haut placés observent le marasme en attendant les décisions des Décideurs, mais constatent  l'échec d'une politique qui a aussi trop misé sur des visions de courts termes de gains rapides... pas uniquement dans les secteurs financiers, mais industriels (tout faire fabriquer dans les pays à la main d'oeuvre pas chère et négliger qu'en exportant la fabrication ça enlevait aussi des emplois locaux... Et là de citer des multinationales). Ce sont des comportements qui doivent changer. Gâchis et sur-consommation. Chacun doit prendre ses responsabilités, les Politiques surtout. Les expats s'accordent de Delhi à Bangalore pour dire qu'il y a tellement à faire ici, que ça ira. L'Inde s'en sortira aussi, car finalement ça ne change pas beaucoup le quotidien de la plupart :  travailler pour survivre. Beaucoup de philosophie face à cette crise, mais pas de drame, simples constats. (photo ci-dessusprise par Oneiri - Les Invalides, mars 2009)

Bangalore, après 12 jours à Delhi. Delhi la grouillante, Delhi l’épuisante, Delhi la cour des miracles, Delhi la contrastée, Delhi m’a plu pour sa complexité. Mais Delhi est sale, Delhi est une ville difficile pour le regard qui n’y est pas préparé(é) et guidé(e).  Delhi exige de nous forcer à être inhumain(e), froid(e), dur(e) quand les gosses insistent à votre fenêtre, quand une femme se plante devant vous avec son bébé (ou celui d’une autre) aveugle, quand un estropié, mutilé sautille peau sur les os entre les voitures, quand vous voyez tant de gens dormir par terre sur les trottoirs ou au milieu des détritus. Delhi exige des oeillères pour ne pas se laisser submerger par l'immensité de la pauvreté. Delhi est très éprouvante à cause de cela. Il faut prendre sur soi, s'aveugler consciemment. Mais comme le soulignait Anouck, à force, ça finit par devenir malsain, car  ça  fait partie du "paysage"  (y compris pour les Indiens eux-mêmes). Je pense à tous nos propres SDF qui dorment dans les métros.

Paradoxe. J’envoie balader ces enfants de la rue car c’est entretenir les réseaux malfaiteurs et je vais deux fois dans l’orphelinat de Asha Niwas pour apporter soutien de mon association aux 57 gamines, pour apporter cahiers et crayons et deux trois friandises. Moment très fort émotionnellement parlant. Contraste. Je passe des hôtels 5 étoiles, hommes d’affaires et compagnie au campus de l’université IIT. Saveurs. Des épices sur mes papilles. Coup de cœur. Alka Pande, Sœur Lili. Deux femmes au parcours atypiques. Alka Panda s’est imposée en tant que référence dans l’art après des études économiques. Femme à la forte personnalité, fidèle aux traditions et la culture indiennes. Elle aime son pays, en est fière aussi. Sœur Lili, mène son action pour ses 2 centres  d'orphelines d’une main de fer. Femmes fortes aux grands cœurs, Delhi, je reviendrai, tu m'as happée. « Quelle que soit la direction prise, marcher conduit à l’essentiel. » (idem).

(Merci V. S. pour cette musique)

23/03/2009

L'immensité du monde....

P1040546.JPG« Le propre des voyants est de ne jamais se satisfaire de ce dont leurs yeux se contentent. (…) Un voyageur doit être capable de glisser du brin d’herbe au cosmos et d’imaginer des planisphères dans les nuages qui passent au-dessus de sa tête. Si un grain de sable suffit à lui contenter l’esprit, son bonheur sera immense d’être jeté dans l’erg ! » - extrait de Petit Traité sur l’immensité du monde, Sylvain Tesson. (Merci Micro).

Il y a différentes manières de voyager et différents types de voyages. Lorsque j’ai annoncé mes six mois de break, les réactions ont été presque aussi variées que les personnes. Au début, nous écoutons, nous prenons note, et nous nous laissons - sans s’en rendre compte - embarquer par la vision du voyage de l’autre. Leurs rêves, leurs projections, leurs désirs s’ils étaient à ma place. Mais personne n’est à ma place, personne d’autre que moi n’a pris la décision de partir et de concrétiser un désir, un rêve, un besoin vital. Je suis l’unique actrice de ce que ces six mois seront.

Une des attitudes récentes a été de me dire de « déconnecter », référence au fait que je poste mes albums sur FB, et que j’écris sur ce blog régulièrement, quotidiennement. C’est une contrainte que je me suis imposée pour différentes raisons (donner des nouvelles à mes parents/proches déjà mais aussi pour les différents projets que je mets actuellement en place), mais ça dépasse l’exercice. Ecrire est un besoin vital me concernant. J’ai décidé de partir seule, mais je n’ai pas décidé de ne pas partager ces moments avec ceux que j’aime. Le partage est un des fondements de notre humanité."(...) Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas de commandement plus grand que ceux-là." Mc 12, 28-34, La Bible (Merci Elo)

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17/03/2009

Delhi - 1h37 – 17/03/09

 

P1030700.JPGLes chiens hurlent à la mort dehors.. Tous ces chiens errants que j’ai croisés sur ma route ce matin alors que j’étais dans le pré-paidtaxi, ou à pied en faisant une courte excursion l’après-midi avec Anouck pendant que le service de « dé-moustiquatisation » répandait leur produit chimique dans l’appartement. Sans succès d’ailleurs, car ce soir 4 moustiques se balladaient gaiement dans ma chambre. Paix à leurs âmes, ils sont désormais parmi les défunts.

De temps en temps, on entend des bruits de moteurs, un avion qui passe. Delhi n’est jamais silencieuse, Anouck m’avait mise en garde. Des boules quies indispensables. J’ai oublié les boules quies, mais le bruit ne me dérange pas. Il participe à l’atmosphère très spéciale de Delhi. Il fait lourd, il fait chaud. Ce matin lors de mon atterrissage à 6h du matin, il faisait déjà 20 degrés, comme indiqué dans l’avion.

Delhi… J’ai été tant prévenue concernant mon premier contact avec l’Inde que finalement, je n’ai sans doute pas été choquée autant que je l’aurais peut-être été par la misère à laquelle nous sommes immédiatement confrontés lorsqu’on sort de l’aéroport.

A bord de mon « taxi », une espèce de micro-van noir et jaune à l’état douteux, on croise des vaches, des gosses à peine âgés de 6-7 ans qui errent sur les routes, des rickshaws, des trous sur la route qui secouent la voiture de temps à autres, des femmes et des hommes de tout âge aux tenues plus ou moins propres… La conduite est un grand mot, nous avançons de manière très inorganisée au gré de l’état de la route, des voitures à contre-sens, des bêtes, et de mon distrait conducteur qui me demande de quelle religion je suis, si je suis mariée, et d’où je viens. Je pense à ce que j’ai pu lire sur le blog de Tonio. Ses écrits étaient justes. P1030714.JPG

On approche de la « ville », et sur le bord des « logements » de fortune faits avec des tôles, des tissus, d’où nous voyons sortir tout à coup une femme transportant un panier… Parfois il n’y a même pas de « toit », mais un homme assis au milieu de déchets en tout genre qui a allumé un feu, et ne semblant même pas perturbé par l’insalubrité et la misère de son triste logis.

Delhi est sale, mais ce qui est étonnant c’est que tous ici pour la plupart ne semblent absolument pas perturbés – ou si peu – par leur situation. Anouck m’expliquait un peu plus tard que c’était un peu le cas. La philosophie/spiritualité indienne ne pousse pas à changer son destin, mais à se contenter de ce qu’il y a, sans transformer, sans améliorer. Par ailleurs, le manque d’éducation sur l’hygiène ou des principes de base environnementaux expliquent par exemple que les femmes trouvent assez normal de jeter leurs ordures par la fenêtre. C’est bien entendu valable pour les classes « populaires » et non pour les classes « éduquées ». Ici, on fait attention à son microcosme, sa famille, sa maison parfois à la limite de la maniaquerie chez certain(e)s indien(ne)s, mais en dehors on jette des papiers par terre ou autres détritus sans conscience. Namaste in India, ou en tous cas à Delhi pour l’instant.

Puis on traverse quelques quartiers résidentiels, de grandes maisons, des gardiens, des voitures de luxe qu’un voiturier – probablement – nettoie… La pauvreté et la misère n’atteignent pas tout le monde. Le contraste est saisissant de manière immédiate.

Delhi ce sont des odeurs fortes de caoutchouc brûlé (Karan me dit qu’en réalité ce sont les gaz des voitures), parfois quelque chose de ressemblant à du tabac à la fraise pour chicha, une atmosphère lourde un peu humide mêlée de poussières et pollution. Je n’aime pas l’odeur de Delhi. Elle accentue le sentiment d’étouffement.

P1030718.JPGIndian Institute of Technology Campus, Hauz Khaas. C’est là où je suis. Sur le campus, il y a majoritairement des hommes (étudiants, personnels, professeurs), des gardes à l’entrée mais qui paraît-il pour quelques roupis nous pouvons soudoyer… Ici tout se négocie – dixit Anouck - que ça soit pour ne pas embarquer la voiture à la fourrière que pour avoir son permis. Je retiens mon conseil du jour : pas plus de 70-80 roupis pour mes ballades en rickshaw.

Le soir, nous basculons dans un autre décor. Celui des expatriés chroniques, des hommes d’affaire en transit, en allant dîner à l’hotel Sheraton, invités généreusement par mon ami Ludo. Ca m’a toujours fascinée dans ces pays (je pense au Vietnam), la misère locale et les grands hotels de luxe. Je tente de m’imaginer à la place de ce personnel, pour la plupart payés des misères côtoyant toute la journée le luxe, le comfort, la profusion. A Abu Dhabi, un des personnels de l’Emirates Palace me disait qu’ils n’étaient pas payés plus de 200 euros par mois, logés certes, mais à quatre (minimum) dans des chambres confinées.

La colonisation n’’est plus, mais nous sommes des privilégiés profitant d’un système où la main d’œuvre est bon marché. Entendons-nous bien. J’apprécie pour autant le luxe de ces hotels sans culpabiliser. Prise de conscience n’est pas renoncer pour autant à cette chance que m’a offert la vie de pouvoir aussi évoluer dans un certain comfort. Le monde des expatriés c’est aussi la culture locale.

Une seule journée à Delhi, et j’ai déjà l’impression d’être dans un autre espace temps, et ce, malgré une longue et réparatrice sieste aujourd’hui… Demain je vais pouvoir aller découvrir – passée cette première impression et prises d’informations - cette ville étendue très hétérogène….

Car étrangement, j’aime Delhi pour ce qu’elle dégage – à défaut de vouloir y vivre, j’ai l’impression d’étouffer -, la vie à l’état brut, des croyances qui poussent les gens à créer un « temple » improvisé au pied d’un arbre, une fourmilière où parmi la « fange » la notion de vie est très relative… Car un en moins, c’est toujours de l’espace en plus, philosophie des désespérés ? Delhi, ne peut laisser personne indifférent. Il est 2h52 à Delhi, et il fait toujours aussi chaud....

ps : demain vidéo + photos  online.

22:32 Publié dans Divagations, Inde | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : delhi