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19/04/2009

Samedi 28 mars - 12ème jour - Delhi - 2ème visite de l'orphelinat d'Ashaniwas

P1050597 [800x600].JPGBaldir passe me prendre à 10h pour pouvoir remplir notre programme chargé de la journée avec Ludal. Initialement orphelinat, sport, scooter/vespa pour Ludal, et je ne sais plus quoi encore... Au final, je débarque vers 10h30/45 chez Ludal qui n’est pas du tout prêt à partir. J’envoie des sms à Sister Lily pour la prévenir que nous n’arriverons que vers 14h. Ludal fidèle à lui-même tente de dresser un listing des choses à faire, sachant déjà que le suivi du programme va être difficile. Nous finissons par aller prendre le p’tit déj/déj au restau de l’hôtel qui venait à peine de fermer ses portes pour le p’tit déj buffet et trop tard pour l’ouverture du buffet lunch. Discussions autour de la diététique entre Ludal et moi. Il applique ses réflexions en prenant un club sandwich « healthy »… certes. Une caesar salade qu’on partage. Et mon envie de fromage me pousse à prendre une énorme pizza 4 fromages, dont je rêve à présent étant quasi a jeun depuis mon dîner d’hier soir (il est 0h07) dans ce train qui me mène à Shanghai (anecdote que je raconterai en temps voulu).

Nous décollons vers 13h de l’hôtel après avoir raflé bonbons, shampoing, fruits, thé, café à dispo dans la chambre pour l’apporter à l’orphelinat. Indirectement l’hôtel Maurya a participé à une opération solidaire, je suis certaine qu'ils en seraient ravis s'ils savaient ce pour quoi je dévalise tous leurs petits cadeaux. Nouvel envoi de SMS à Sister Lili de ne pas nous attendre avant 15h00, car entre temps nous devons repasser par le local market pour que Ludal mette sa pierre à l’édifice, je dois trouver un pare-soleil pour mon objectif car j’ai laissé le mien sur l’autre objectif en France, car j’ai réalisé aussi que j’ai oublié la SD Card de mon appareil numérique dans l’ordinateur, et il est hors de question de risquer de rayer l’objectif…

Nous passons d’abord au local market. Ludo prend pleins de trucs ! Pleins de boites de feutres, des livres racontant des histoires pour enfants, des bics. Je suis ravie, les gamines vont être contentes. Puis direction Connaught Place où Baldir connaît le magasin qu’il me faut. Achat du pare-soleil adapté, et d’une nouvelle housse pour mon app numérique ayant oublié la mienne chez Leslie (comme c’est étonnant, diraient mes proches – je l’ai récupérée elle l’a déposée à l’hôtel de Ludo après que je sois partie). Nous voilà enfin en route pour Ashaniwas.

Connaissant le trajet, j’en profite pour faire une p’tite sieste prolongeant ainsi ma nuit. Ludal passe une bonne partie au tél ou à lire les journaux. Discussions diverses. Nous arrivons enfin. Les filles n’attendent pas dans le hall comme la dernière fois, elles sont devant la télévision, car elles ont le droit de regarder le samedi et dimanche seulement. En semaine c’est interdit.

Cette fois-ci je suis plus spectatrice, il est plus aisée pour moi de raconter. J’endosse mon rôle de photographe et j’observe Ludal qui a droit aux explications de Sister Lili, quelques danses des filles aussi, intriguées de voir un homme débarquer avec moi cette fois. Certaines me demandent si c’est mon mari, puis ayant ma réponse leur précisant que c’est simplement un ami, estimant qu’elles peuvent le dire me disent qu’elles le trouvent beau. So successful ce Ludal ! Je me pose personnellement dans un coin pour shooter les filles. J’ai trouvé mon sujet de photo argentique pour ce voyage, ça sera les gosses des orphelinats que je vais visiter. Je tire le portrait de toutes, si les clichés sont réussis, je tenterai une nouvelle exposition, paralèllement à une expo voyage (enfin à voir),  pour les vendre pour que l’argent récolté aille directement à l’association.

Toutes mes activités annexes prennent leur sens dans ce voyage, se répondent. Je photographie pour en faire profiter les gosses via l’Association. Exercer une de ses passions au profit d’une cause qu’on défend, que demander de plus ? Le puzzle se complète. Pendant que Ludal visite, et découvre, vit sa propre expérience, j’invite donc chacune des filles dans le jardin ou ailleurs pour les shooter. Elles se prêtent au jeu avec excitation en redemandant encore et encore. Je prends beaucoup de plaisir, la lumière est belle, les sujets photogéniques. Quand je serai en France je leurs enverrais ces clichés.

En attendant, voilà le deuxième album de l'orphelinat de Ashaniwas que vous pouvez consulter en cliquant ici !

Je découvre une salle que je ne connaissais pas la « chapelle », on se déchausse, il y a un piano. Ludal improvise un morceau. J’avais oublié effectivement que Ludal jouait bien au piano aussi. Les enfants écoutent distraites uniquement par mon objectif où elles se chamaillent parfois pour passer devant. Puis Sister Lili nous invite à prendre le thé, et couper le gâteau par Ludal ce qui visiblement doit P1050621 [800x600].JPGreprésenter quelque chose. Ludal outre ce qu’il a apporté, participe à nouveau auprès de Sister Lili. Nous repartons de l’orphelinat, vers 17h je crois. Je suis ravie d’avoir revu les filles. Je préviens Sister Lilyique Patrice viendra en mai la voir à nouveau (de l’Association). Nous sommes donc restés encore presque 2h00 là-bas. Je laisse Ludal le soin de poster un comment s’il en ressent le besoin pour décrire son expérience…. Mais pour l’avoir vécu, je sais combien il est difficile de retranscrire cela.

Notre trajet retour est long, et nous nous dirigeons à présent vers le vendeur de vespas à l’ancienne pour Ludal. (je ne me souviens plus des marques comme d’hab.). J’ignore où nous sommes (peut-être que Ludo pourra préciser), mais nous arrivons vers 18h00 et quelques au dit endroit après avoir appelé le bonhomme pour qu’il nous indique la route exacte. Le « garage » se situe en contrebas, et quand nous arrivons une odeur forte de plastique et épaisse fumée sort par l’escalier.

Explication : ils testent un vespa avant de l’envoyer en France, et ont trouvé ça très naturel de le tester dans ce sous-sol où l’unique ouverture est l’escalier qui monte vers l’extérieur. This is India as well ! J’étouffe à moitié en bas, malgré le ventilateur qu’ils ont placé en bas de l’escalier pour évacuer la fumée. Je laisse Ludal à ses négociations et discussions en tout genre pour me poser à l’extérieur en attendant que l’espace soit plus respirable. Néanmoins j’envoie les modèles à Lita au passage, je songe après que Ludal ait testé la marchandise à m’en faire livrer un à mon retour à Paris vu le prix et le fait que ça soit des vespas de collections. A voir. D’ici là j’aurais peut-être décidé de me ramener un rickshaw ! ;)

Nous étions sensés être à 20h à un dîner organisé pour le départ de Peter, mais l’heure indienne nous autorise une arrivée vers les 21h30. A 20h nous partons seulement de là où nous sommes et on doit repasser à l’hôtel pour nous décharger, et je dois repasser chez Anouck pour récupérer des trucs avant d’aller au dîner. Passage éclair. Ludal en profite pour saluer Anouck avant qu’il ne reparte aussi. Nous sommes vers 21h30 au dîner, je retrouve quelques personnes de la dernière soirée BBQ avec Ludal avec plaisir, il s’enquièrent de mon apprentissage de l’hindi. J’apprends encore beaucoup ce soir là, sur la culture indienne, des nouveaux mots. Le repas est délicieux toujours cette série de plats en buffet.  On me montre la tenue traditionnelle du Rajasthan de son amie. Très jolie la tenue (je n’ai plus de photos je ne sais pas où elles ont disparues, effacées par erreur, j'ai perdu toutes les photos de cette soirée-ci). Je fais connaissance avec Capitaine VN Sharma, adorable qui me file son numéro et me dit de l’appeler si j’ai un problème dans le Kerala, car il a été guide là-bas un temps avant d’être pilote et vient de la région, donc connaît pas mal de monde. Nous partons de ce dîner vers 1h00 je crois, le temps de rentrer dans nos pénates, dodo court, car je dois me lever à 5h00 pour aller prendre le train de 6h00 en direction d’Agra pour aller voir le Taj Mahal...

 

ps : je précise que Ludo m'a donné l'autorisation de publication de ses photos. Son droit à l'image est donc respecté.

16/04/2009

Mercredi 25 mars - 9ème jour - Delhi - Visite de l'orphelinat de Ashaniwas

P1050341 [800x600].JPGLever assez tôt. Aujourd'hui rendez vous pour visiter l'orphelinat de Ashaniwas de Soeur Lili appelée la veille et le centre de projet Why si le temps le permet. Vers dix et demi Baldir m'appelle. Ok dans une heure. Je vaque à mes occupations puis je l'appelle pour voir ou il en est. Il est déjà en bas ! Ca faisait déjà une bonne demi heure qu'il était présent sans broncher. Mais c'est qu'il n'avait plus mon numéro. Pas grave. Nous devons recharger mon tél avant de filer. En route....

Cette journée a été très marquante, et c’est à partir de ce jour que j’ai eu du mal à reprendre mon activité du « compte-rendu ». Je n’achève cette note - que je divise en deux posts - commencée à Munnar en Inde que dans le train qui me mène à Shanghai. Il est 20h56 (heure locale), nous sommes le 15 Avril. Parfois les émotions sont trop fortes pour pouvoir être décrites à chaud.

L'orphelinat est loin de Delhi environ une heure en voiture même si seulement situé à quarante kilomètres et quelques. J'avoue qu'il a fallu que je pousse un peu pour ne pas renoncer à ce projet. Trois choses à mon esprit. Mon "équipe" qui attend que je la remotive. Un mail de réponse de Florence CB que j'avais contactée la veille pour avoir des infos sur l’orphelinat et m'a répondue que Sœur Lili avait fait un travail remarquable, elle-même revenue à Paris. Un mail d'Elo le matin qui m'envoie des évangiles de temps a autres pour que je réfléchisse dessus.

Aujourd'hui c'est l'Annonciation. L'essentiel n'est pas de croire de croire que Marie a pu être enceinte par miracle mais plutôt la manière dont elle a accueilli la parole du Seigneur. Je garde cette phrase toute la journée en tête. J’ignore ma p’tite Elo si je déciderai de rejoindre la chrétienté catholique, mais j’aime recevoir ces textes. Je n'ai aucune confession officielle, reste sceptique vis-à-vis des pratiques religieuses bien que je crois en une spiritualité nécessaire et une force qui dépasse notre existence.

Le chemin est assez pénible pour me rendre a l'orphelinat, malgré le fait que je sois conduite. Les routes indiennes sont crevantes, leurs irrégularités, les à-coups, le bruit, la chaleur, la poussière… Plusieurs fois je me suis interrogée sur les raisons pour lesquelles j’entreprenais de me rendre à perpète pour une cause dont je sais très bien qu’elle ne changera pas la face du monde et ne sauvera pas les millions de gosses abandonnés. Plusieurs fois je me suis dit : « Mais pourquoi t’embarques-tu encore dans des projets que personne ne t’a demandé de mettre en œuvre ? ». Je ne fais pas ça pour sauver mon âme, je ne crois pas dans l’enfer. Dans ces moments, je doute souvent. Sur la route, je le confesse à nouveau, je me suis dit que décidément même en « vacances », je réussissais encore à me mettre sur le dos des contraintes par moi-seule fixées. Et dans ces instants, il y a néanmoins souvent quelque chose qui me pousse à aller jusqu’au bout sans trop savoir pourquoi. Un instinct qui me guide à l’aveuglette et auquel je fais confiance.

J'ai ma réponse dès que j'arrive… C'est une émotion tellement unique qu'il m'est difficile même a posteriori de décrire cet après-midi. Mes doutes se sont à la seconde envolés, j’ai eu la sensation d’être là où je devais être, et encore aujourd’hui loin de Delhi, je me remémore les regards, les rires, les attentes de ces gamines pour continuer de croire dans mon projet. Ces enfants donnent spontanément et sans calcul en quelques heures de l’amour, de l’affection, nous ramènent sans le vouloir à l’essentiel. L’être et l’humain.

Ce moment dans l’orphelinat doit être vécu pas être « retranscrit » de manière brute. Et j’invite quiconque même sans se sentir l’âme de Mère Theresa à tenter l’expérience au moins une fois. Je vais donc me contenter de poster ici l'album photo qui parle de lui-même (cliquez sur le lien), vous présenter enfin l'Association Neirie dans un post à part, et vous invite à lire la note suivante qui complète le « compte-rendu » de cette journée.

Je suis restée environ une heure et demi je crois au final là-bas. Je n’avais pas prévu aussi longtemps. Une heure et demi qui me donne une énergie incroyable et la volonté d’améliorer dans la mesure de mes moyens la vie de ces cinquante sept gamines. Soeur Lily a réussi à rassembler suffisament d'argent pour construire un bâtiment pour ces gamines salubres, les héberger, les éduquer. Une femme à fort caractère, mais au grand coeur. Et ce n’est que le « premier » orphelinat visité. Me remémorant ces gamines, je me souviens que l'amour des enfants est infini qu'ils sont ce que demain sera à condition qu'on leur montre un avenir radieux au lieu de les faire payer l'irresponsabilité de certain(e)s. Montre à l’aveugle son chemin, peut-être deviendra-t-il clairvoyant. « On est jamais à l’abri d’un coup d’bol » dixit Julien Bayou, merci Julien.

Je quitte l’orphelinat heureuse et marquée. J’envoie des sms à mon « équipe », et j’appelle Patrice pour pouvoir partager ce moment. Mon voyage spirituel continue. Coup de fil de Ludo, nous sommes encore loin, il va rentrer directement à l’Hôtel, je vais l’y retrouver rapidement avant d’aller dîner chez Leslie qui gentiment nous a invités. Ludal étant fatigué, j’irais seule.

Lesleigh G. habite un très bel et très grand appartement qu’elle va bientôt quitter, où elle logeait avec son ex-petit ami. Cette femme dégage quelque chose de très particulier. Elle me présente son travail photographique passé sur Paris (que j’aime beaucoup), en cours (très teinté de sur-réalisme). Je me retrouve nez-à-nez avec de récentes « sculptures » trop « violentes » à mon goût – ce dont je lui fais part – marquées par sa récente séparation. Femmes crucifiées en tout genre, j’en connais néanmoins certain(e)s à qui ça plairait. Le dîner est délicieux, discussions diverses qui ne sont que les prolongations de notre soirée chez Alka. Politique, société, mentalités, art… Je pars assez tôt ne voulant pas retenir Baldir trop tardivement, et surtout désirant croiser Karan avant qu’il ne prenne son avion pour le Canada, étant donné que je partirai avant son retour. Back home, je retrouve Anouck et Karan encore en préparation après la recherche du passeport égaré qui leur a pris pas mal de temps. Je fais part de ma journée orphelinat avec Anouck, elle accompagne Karan sur le départ, discussions toutes les deux ensuite sur les différences culturelles inde-France entre autres.

Puis dodo…..