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09/06/2009

Saïgon, 0h26....

Il fait une chaleur de dingue... et de réécrire une phrase écrite dans une de mes notes alors que j'étais en Inde, ici. C'est à peine croyable...

Alors que pour les parisiens le temps file et la plupart d'entre mes amis ne se rendront même pas compte que je suis partie ces quelques mois, j'ai néanmoins l'impression d'être partie plus de 5 ou 6 mois déjà. Le décalage psychologique commence à se faire sentir avec ceux/celles qui ne partagent pas mon "quotidien" de manière réelle (mes rencontres, mes hôtes, mes co-voyageurs), ou virtuelle...  Ce n'est ni bien, ni mal, c'est ainsi.

Je suis partie le 17 mars, nous sommes le 9 Juin (le 10 déjà à Saïgon), et ce voyage prend une dimension que je n'aurais jamais pu envisager lorsque j'ai décidé de partir. Sans doute le fait de ne pas "passer" en simple touriste, mais bel et bien avoir cherché la plupart du temps à rencontrer les locaux (que ça soit des expat's ou des natives) a contribué à la richesse de ce dernier...

Et je suis sans pouvoir l'expliquer réellement à une phase clé de ce périple. Ce n'est pas la situation géographique, c'est l'évolution psychologique. Le déclencheur a été Tokyo sans aucun doute, mais c'était sous-jacent depuis mon  passage à Beijing. A moins que le destin me mène dans une destination imprévue, je vais bientôt entamer post-Vietnam & Australie, une deuxième phase de mon périple...

Celle de la synthèse, de la prise de recul, du parcours des paysages pour se vider la tête et profiter de l'incroyable sentiment d'émerveillement face aux beautés naturelles de notre planète pour aussi réaliser... réaliser tout ce qui est déjà passé. L'Amérique latine... Marcher, ou se laisser porter dans les bus, remonter la Cordillère des Andes via l'Argentine... Un jour. Lorsque j'ai conçu mon périple, j'avais bien identifié ces deux "phases"...  avec comme tournant mes 4 jours à l'île de pâques... Je ne pouvais imaginer ce que serait ce que je vis à présent, mais j'avais néanmoins eu conscience qu'après l'intensité de l'Asie, j'aurais besoin à un moment donné ou un autre de "digérer" tout cela...

Il n'y a pas une seule journée qui ne se passe sans que je me dise que j'ai de la chance,de l'accueil des gens que je croise, des conjonctures qui semblent toutes s'enchaîner idéalement pour que je puisse apprendre un maximum, pour que les réponses à des questions que je ne posais peut-être finalement aboutissent si naturellement. Une bonne étoile me suit et semble me protéger depuis que je parcours le monde... Les vents me guident vers des choix surprenants... Et je me laisse porter, confiant à la vie et non à la raison la suite de cette aventure.

Des rencontres, des villes, des paysages, des kilomètres parcourus à travers les différents pays, les différentes cultures. Seule ou entourée, mais seule malgré tout dans mes choix de mettre la barre vers le sud, le nord, l'est ou l'ouest. Seule dans ces longs trajets qui parfois durent des heures et me permettent de prendre du recul sur cet enchaînement perpétuel de découvertes... au fil des notes que vous découvrez et celles que je n'ai pas encore publiées (pour différentes raisons), mon regard sur le monde change à présent bien malgré moi.

On ne revient pas "indemne" de ce genre de voyage (aucun sens négatif)...  et de regarder encore une fois ce film, qui .... Cliquez sur le lien.

Une sorte d'équilibre serein atteint... C'est peut-être ça la "clé" du tournant de ce voyage.... Les repères français s'effacent au profit d'une vision internationale... Ainsi va la vie....

05/06/2009

Saïgon....

Saigon // Nuit du 4 au 5 Juin 2009 //  2h45 am

Décidément je dors peu, puisqu'il est en fait 4h45 pour moi à Tokyo. J'ai passé les premières heures... Me voilà à nouveau presque bien.  Toujours un peu pénible lorsqu'il y a des changements trop brutaux... Mais grâce à  Julien C. qui m'a soutenue psychologiquement dans ma réadaptation via un dialogue en direct, c'est finalement passé.

J'avais déjà éprouvé un sentiment identique - sans trop savoir pourquoi - en arrivant à Bangalore puis Kochin, et encore à Munnar. Quelques heures où tout à coup on se sent soit vraiment seul au monde, perdu, déboussolé par tous ces soudains nouveaux repères qui viennent brutalement casser ce que vous aviez un peu construit, soit tout simplement en décalage.  Ce n'est pas la même chose de partir loin puis de revenir chez soi, que de partir d'un endroit d'une certaine culture à une autre culture qui n'est toujours pas votre culture d'origine.

De Tokyo à Saïgon, c'est déjà un gros changement culturel, mais aussi un changement contextuel.  D'un mode de vie plutôt autonome, je me retrouve par ailleurs (dans un premier temps) chez un ami de mon père très accueillant ou je suis bien logée, mais dans une structure soudainement familiale (même si je suis libre de mes mouvements bien entendu)... Pourquoi chez lui plutôt que chez mon oncle, parce que mon oncle venant d'avoir un bébé de 1 an et les médias vietnamiens ayant mis un warning sur le Japon (entre autres) concernant la grippe porcine, mon oncle préfère que je passe une semaine à Saigon loin du bébé voir si des symptômes grippaux se développeraient (entre nous j'espère que non !). Magie de la presse. Ceci dit dans l'aéroport de Tokyo, du coup, je me demandais quel était le risque réel d'être exposée à des éventuel(e)s porteur(euse)s du virus.

Arrivée à Saigon, j'ai été très perturbée et agréablement surprise par le nouvel aéroport ultra moderne de Saigon. Ca m'a fait le même effet que l'aéroport de Bangalore. Je me souvenais il y a 6 ans d'un aéroport où il faisait vraiment chaud, pas de climatisation, des heures et des heuress d'attentes pour passer les douanes, tout se faisant manuellement. Un bordel pseudo organisé. Le nouvel aéroport de Saigon (environ un an) flambant neuf, témoigne de l'avancée réelle de tous ces pays.

L'emballement de re-découvrir Saïgon a été balayé par un retour du bâton bien connu. Tout à coup on réalise qu'on vient de quitter le pays, la villle qu'on aimait .. Tout à coup surtout les choses, le mouvement vont trop vite. Le temps que mon cerveau intègre le nouvel environnement, environ deux heures de vagues à l'ame... Je m'endors néanmoins assez sereine finalement.

Saigon // Nuit du 5 au 6 Juin 2009 //  3h49

Naturellement que ça soit à Paris, Delhi, Hong-Kong, Shanghaï, Beijing ou Tokyo, je ne dors toujours pas plus la nuit... à croire que mon fuseau horaire se décale en permanence...

Me voilà donc à Saïgon, 10 degrés de plus qu'à Tokyo (environ), retour en "Inde" en quelque sorte. Mon vague à l'âme de la veille a fait place à l'action, car c'est la seule réaction qui peut permettre de poursuivre ma route. Agir au lieu de penser, et m'adapter au plus vite à ces changements radicaux.

Prendre mes "marques" consiste à rapidement prendre contact avec quelques personnes résidant sur place (via asmallworld), histoire de rencontrer un peu les résidants, tout en voyant aussi les personnes déjà connues sur place. J'ai retrouvé Minh aujourd'hui, qui m'a guidée pour que je me ré-adapte vite à cette ville que je reconnais à peine. Inscription à l'université pour mes cours de vietnamien faite (8h>10h tous les matins je vais m'amuser moi la couche-tard ;)), et cours de cuisine les après-midi (15>18h)...

Naturellement flexible en fonction de mes envies malgré tout. Minh travaillant au Consulat en tant qu'attachée culturelle, me voilà planifiée un théatre, et un spectacle de danse contemporain pour la semaine prochaine... Ainsi qu'une invitation demain soir chez une de ses collègues pour une crémaillère... Entre temps j'ai calé des déjeuners, pots avec les "nouveaux" gens.... Mon voyage est marqué par les personnes que je rencontre naturellement aussi.

Il fait vraiment chaud ici. Saïgon me fait revenir en Inde, mais après le Japon, ça a été un changement assez brutal, mais m'a fait prendre conscience aussi d'une réalité, j'aime Tokyo, et je m'y suis sentie tellement bien que j'ai ressenti une sorte de "home sick Tokyo". Mais une nouvelle page avec Saïgon de mon voyage qui prend une ampleur et m'apporte bien plus que ce que je n'aurais pu imaginer... C'est à nouveau le bordel dans les rues, pas de rickshaws ni trop de voitures, mais pleins de motocyclettes, scooters en tout genre...  Les gens qui vivent dans la rue, la propreté aléatoire, l'ultra conservatisme des genérations anciennes face aux volontés d'indépendance des "jeunes"...

En attendant, je poursuis la rédaction du carnet de bord en paralèle (la note suivante sur l'inde est presque prête).. Vous avez donc un blog à "2 vitesses", où le carnet de bord est encore en Inde et dans les Déambulations, je vous informe de ma nouvelle situation géographique et quleques brèves....Je vais bientôt remplir le premier album sur l'Inde une fois les notes achevées sur ce pays (donc bientôt)....

23:03 Publié dans Déambulations | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : saîgon...

Mercredi 3 Juin 2009 - 5h34

P1100143 [800x600].jpgBagages faits. Et au pays du soleil levant, il fait déjà plein jour. C'est aussi perturbant qu'à Stockholm lorsque dès 3/4h du mat' nous avons la sensation qu'il est déjà 8h00 du matin... Le ciel est gris/blanc depuis quelques jours à Tokyo, exceptée une journée ensoleillée. Le temps semble s'accorder à mon humeur en filigrane due à mon départ de cette ville où je me suis sentie aussi bien qu'à Manhattan. Nuit blanche sans doute au final, ou presque, j'ai 6h00 pour dormir dans l'avion toute à l'heure, et j'ai envie de profiter de ce que je vois de ma fenêtre avant de repartir sur la route pour une nouvelle page de ce voyage.

Au revoir, bonjour, c'est un pli à prendre, mais c'est P1100152 [800x600].jpgtoujours une sensation très particulière. Tristesse de quitter ceux et celles à qui nous nous sommes attachés, excitation de la nouvelle expérience qui s'annonce...

-          Mais à l'heure où je complète cette note, dans l'avion, il est 21h57 à Tokyo et 19h57 à Saïgon (vous m'excuserez si je nommerai Hô Chi Minh City par Saïgon tout au long de mes notes), et n'étant pas encore arrivée au Vietnam, je suis plutôt triste... Et de repenser à toutes ces personnes que je laisse à Tokyo... ces micro-souvenirs qui finalement marquent plus que l'exceptionnel. -

Le Vietnam va être naturellement pour moi une autre étape importante de ce voyage. Je ne pourrais être indifférente à ce pays, où j'ai déjà une relation particulière. Ce pays m'étouffe parfois quand j'y séjourne trop longtemps, et ce pays me manque quand je n'y suis plus. Enfin la dernière fois c'était il y a six ans... depuis, qui sait. C'est la première fois que je vais aller dans le pays de l'origine de mes parents, seule. Apprendre cette langue qui m'est pourtant si familière depuis mon enfance, mais que je ne maitrise pas. Redevenir une étudiante (amusant), c'est un luxe de redevenir étudiant... Lorsque je visite une ville j'aime pouvoir rapidement m'y sentir « chez moi » dans la mesure du possible, repérer les endroits que j'apprécie et y revenir. Vivre le quotidien et rencontrer les gens, c'est au final ce qui m'apprend le plus. Bien plus que les monuments.

Mais revenons à Tokyo....

(photo ci contre // Central Park // Sept. 2007) P1000793.JPGTout comme j'adore - à New-York - me poser à Central Park, me balader dans East Village, me poser au Café Orlin, déambuler dans Soho, aller au Chelsea Market, aller et retourner au Moma...  Marcher et  marcher encore à Manhattan, j'ai commencé à prendre mes marques à Tokyo. C'est une ville où je vais revenir, c'est certain. Une autre rencontre qui ne m'a offert qu'un aperçu de sa richesse et m'a donnée envie d'en savoir plus... Un coup de foudre similaire à New-York, mais teinté de l'exotisme asiatique.

Tokyo est une femme plus complexe et plus distante que New-York... New-York est spontanée, naturelle, d'approche évidente. Fluide. Tokyo livre beaucoup et ne livre rien en pourtant. Elle est tout en apparence/intérieur. La forme et le fond sont parfois déroutants surtout pour un occidental qui n'a pas de sensibilité face à la culture asiatique. Elle montre parfois beaucoup pour mieux cacher et voiler ce qu'elle est en réalité... Ou elle ne montre pas du tout. J'aime l'ambiance de cette ville fascinante qui mêle une ultra-modernité et un ultra conservatisme. Société sous pression, perfectionniste où la notion d'épanouissement personnel et d'auto-initiative est jugulée par des règles précises.  Les relations hommes/femmes sont particulières.

De Tokyo, je garde de nombreux souvenirs, de nombreuses déambulations...

P1080974 [800x600].JPGMais sans aucun doute un de mes jardins préférés de Tokyo est l'Hamarikyu Garden près du marché au poisson. J'aime les pelouses à l'anglaise où on peut s'allonger et les parcs où il n'y a quasiment personne, tout comme le Lodi Garden de Delhi. J'aime le petit stand tenu par la vieille qui sert de manière un peu brusques des soupes soba P1080941 [800x600].JPGdélicieuses avec des tempuras. J'aime ce quartier de Tsukiji.

J'aime aussi le Fungo Dining de Shinjuku  (diners with Cherisa K. :)), le Coins Bar découvert grâce à François N. de Shibuya. J'aime me balader dans les ruelles dans les quartiers de Harajuku et Omotesando.

J'aime  le petit café au dessus de la Magical Art Room à Ebisu. J'aime le Aoyama cemetery, et le panorama qu'offre la Mori Tower. J'aime la faune de Shibuya.

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J'aime le yakitori d'Hervé G. de Shinjuku (encore) et tous ces diners tardifs que nous avons faits suivis de discussions avec lui chez Denny's. Rien d'exceptionnel ce restaurant japonais type franchise, mais qu'importe, nous l'avons investi si souvent qu'au final on s'attache même à ce genre d'endroits. Plus pour les moments que pour ce qu'il y avait dans le bol d'ailleurs.

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J'aime la crêperie de Bertrand d'Omotesando  donnant l'impression que nous ne sommes plus à  Tokyo, et les déj' avec Sébastien S. à celle de Ginza. J'ai encore la saveur de mon soufflé du restaurant Le Soufflé de Hiro-o

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J'aime le quartier de Nippori où il n'y a quasiment aucun touriste et où d'ailleurs les restaurants n'ont aucune carte traduite la plupart du temps. J'aime la petite Brasserie aux Amis trouvée près de Hibiya, et les am/pm ou 7eleven ouverts toute la nuit.

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J'aime le First Bar et le quartier Roppongi pour tous les souvenirs que j'y laisse...

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J'aime le Kiyomura de Roppongi encore où nous avons fini deux fois nos soirées et un déjeuner après s'être pris une énorme saucée.

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J'aime le marché ouvert de Ueno et Asakusa.

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J'aime ces espèces de poissons-gauffres aux différents parfums. J'aime la librairie de Parco, et le bar à vinyles, Hartford Café de Shinjuku.

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J'aime les BBQ avec l'équipe de Troisgros, les parties de pétanques au soleil avec un pastis fluorescent ou les diners avec celle du Pergolèse, où tous sont avenants... J'aime poser des questions et apprendre de leurs vies.

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J'aime m'être perdue dans certains quartiers où je ne sais plus trop où j'étais. A suivre des gens, ou me laisser guider uniquement par mon envie d'aller dans telle ou telle direction, sans aucun but précis.

J'aime avoir perdu mon temps une après midi pour écouter un guitariste de rue, lui.

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Du Japon, j'en garde de fortes impressions aussi...J'aime Shirakawago, Nara et je garde un souvenir indescriptible d'Hiroshima et Miyajima. J'ai moins aimé Kyoto, je le confesse, même si j'ai trouvé les vieux quartiers forts appréciables. J'aime ce sentiment d'incroyable sécurité qu'on ressent où que l'on soit au Japon. J'aime les toilettes et les bains japonais. J'aime l'organisation, l'ordre, la propreté extrême, la politesse des gens... même si oui, parfois ça peut être trop.

6h05, le soleil est déjà assez haut, le ciel s'est éclairci on sent même poindre des parcelles de ciel bleu... Il est 6h05, Tokyo s'éveille ci et là, et je vais me coucher pour les dernières quelques heures qui me restent avant de subir un autre fort contraste en arrivant à Saïgon. Une autre claque culturelle forte, pas une découverte cette fois-ci quoi qu'en 6 ans, la ville a bien du changer...

De l'Inde à la Chine, du Japon au Vietnam... Tokyo je t'aime. Tokyo, je reviendrai pour poursuivre ta découverte...