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23/04/2009

Dimanche 29 mars - 13ème jour - Agra - 2ème partie : le Taj Mahal

L’arrivée est relativement brusque... a peine descendue du train :

« - Taxi, do you want a taxi ? See I am official.. “ et de me montrer une carte. Je décline de la tête gentiment.

Un mètre plus loin, des gosses viennent me quémander et se font dégager par l’homme qui tente de me vendre son taxi.

Je sors de la gare toujours suivie par mon gonze, il fait chaud, on se prend le soleil dans les yeux, et la foule de rickshaw, taxis qui interpellent. Ne me sentant pas du tout d’attaque à négocier quoi que ce soit, je décide d’opter pour le prepaid taxi, même si cela va me couter un poil plus cher. Postée devant la cabine qui est pile en face de la sortie de gare, je tente de me concentrer sur la « carte » alors que pleins d’hommes m’interpellent pour me vendre leur moyens de transport. 150 roupies pour aller au Taj Mahal (de tête) c’est cher, étant donné qu’on pourrait y être pour 35/40 roupies max je crois en rickshaw négocié. Une jeune fille à côté de moi a l’air aussi de scruter la « carte », elle s’appelle Stéphanie, suissesse. Je regarde les « programmes » de la journée. 650 roupies pour avoir un taxi toute la journée qui me redéposerait à la fin. Je propose à Stéphanie de la chopper dans ma voiture et la déposer où elle veut. Mais nous n’allons pas dans la même direction. Echange de numéro, on décide de se recroiser au Taj Mahal, elle doit passer d’abord prendre des amis (dont je fais faire la connaissance ensuite).

Fatiguée par le bruit, et la foule, je prends la journée me disant qu’à mon avis je vais le regretter mais bon. C’est parti, mon guide (que j’aurais envie de taper toute la journée), m’emmène vers la voiture avec mon driver (qui lui est fort sympathique en revanche). Je n’aime déjà pas son attitude fort mielleuse, qui sent la politesse forcée. Et de me faire des dithyrambes sur Paris, les Français et bla et bla et bla… Qu’il se taise ! 10/15 minutes environ plus tard nous arrivons à l’entrée pour se rendre au Taj Mahal. L’accès est interdit aux véhicules. Mon guide me lâche, il est presque 9h00, nous convenons d’une horaire de retour. Et il me lâche.

P1050726 [800x600].JPGIl faut marcher un peu plus de dix minutes pour se rendre à l’entrée du Taj Mahal. Je suis suivie pendant au moins 5 minutes par un jeune garçon qui veut absolument me vendre soit une mini boule à neige Taj Mahal, soit un mini porte-clés. Il finit par me lâcher quand on croise un autre mini groupe de touriste qui courageusement a du se lever à l’aube pour voir le lever du soleil sur le Taj. Au Taj Mahal, vous n’avez pas le droit de filmer, ni d’emmener de boisson, mais ils vous donnent à l’entrée une bouteille d’eau. Pas de nourriture non plus, je cède mes pommes que je prends régulièrement dans la chambre d’hôtel de Ludal à deux jeunes guides à l’entrée. Elle est chère d’ailleurs 750 roupies pour les étrangers pour voir ce célèbre site. L’entrée du Taj Mahal est une grande arche rouge qu’on traverse avant de déboucher sur cette si célèbre vue. Pour l’instant le site est encore relativement vide, quand on en partira vers 12h/13h, ça sera blindé de monde, donc il vaut vraiment mieux y aller tôt le matin.

Et de repenser à  Aldous Huxley - Le Tour du Monde d'un sceptique (merci Nanou) :

"Je suis toujours un peu gêné quand je me sens incapable d'admirer une chose que le reste du monde admire ou passe du moins pour l'admirer. Est-ce que moi qui suis idiot, ou est-ce le monde ? Est-ce le goût du monde qui est mauvais ou le mien ? (...) Le Taj Mahal est une des sept merveilles du monde. (...). La nature, je le répète faisait tout son possible mais elle eut beau l'embellir, elle ne put cependant améliorer l'oeuvre de l'homme ; le Taj, même au soleil couchant, même réfléchi à l'envers dans les bassins et dans le fleuve, même avec l'aide des cyprès mélancoliques, le Taj fut une déception."

Contrairement à Aldous Huxley, le Taj ne fut pas une déception, mais il fut effectivement sans doute moins à la hauteur que l'idée que P1050743 [800x600].JPGnous pouvions nous en faire, de prime abord. Moins imposant, moins grand. "(...) L'édifice n'est pas tout à fait aussi somptueux qu'ils l'imaginaient.", idem. C'est le double-tranchant de ces sites trop montrés, le risque d'être "moins". Tout comme les films ou livres dont on nous a trop vanté les mérites, le cerveau même en luttant se fait toujours une idée plus belle que réalité et n'échappe pas à une relatif désapointement lorsqu'il est confronté à la réalité. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai cessé de lire toutes les critiques de films avant de les avoir vus moi-même.

A l’entrée deux touristes allemands en Inde pour les affaires tentent de se faire prendre en photo devant le monument, je leur propose de les shooter, et ils veulent aussi me shooter en retour devant le palais. Va pour la photo touriste, ça sera pour Mum ;).

P1050775 [800x600].JPGJe m’engage dans une des allées m’approchant du Palais. Il est quand même beau, dégage quelque chose. Aldous Huxley était un peu sévère. Là où il prend toute sa dimension c’est lorsque nous sommes sur l’esplanade, tous les détails des ornements, la beauté sobre du lieu, malgré les richesses, la matière. "Le marbre est partout sculpté et filigrané, incrusté de pierres préciseuses. La moindre rose représente pas moins de ving ou trente cornalines, onyx, agates, chrysolites. La Nouvelle Jérsusalem ne possédait pas une aussi riche variété de pierres préciseuses.", idem. Mais nous en sommes pas encore là. Je décide de me poser assez longuement sur un des bancs, posées devant le Taj Mahal, pour profiter de l’instant, et du temps qui passe. Je suis dérangée une première fois par un des « photographes » du site qui prend un couple (moyennant des roupies, on peut être immortalisé devant le monument).

Deux minutes après, à nouveau un autre groupe… Je finis par décamper pour me rendre plus loin sur un autre banc. Un groupe de jeunes ados (mecs) indiens se prennent en photo à côté.  Je les regarde amusée, quand l’un d’eux vient et demande une photo avec moi. Ils doivent avoir 13/14 ans si ça les amuse après tout ça ne me coûte rien. Grossière erreur !!! Eux ça ne prend que 2 minutes, et ils ne sont que 2 à vouloir ce cliché avec une « western » (très typée Asiat la western quand même…), mais après… le processus va s’amplifier et empirer. Je finis par me lever de mon banc pour avancer vers le Palais, et je croise successivement un, puis deux, puis trois… groupes d’ados plus vieux déjà eux (autour de 17 à 22 ans je dirais), qui veulent une photo avec moi (les uns après les autres). Je redis oui pour l’un après les groupes des d’jeuns, mais au bout de la énième photo je finis par décliner et refuser. L’impression désagréable d’être une bête de foire. Car autant shooter les gens je le fais beaucoup, mais je ne leur demande jamais de poser avec eux, ce n’est pas un rapport malsain de « me montrer avec eux ».

L’explication vient le soir avec Anouck, qui me dit que c’est effectivement une sorte de fascination malsaine et que ça « fait bien » d’avoir une photo avec une « occidentale ». Qu’en outre, ils ne choisissent jamais des « vieilles » comme par hasard, et qu’elle avait été aussi très surprise quand un jour, un homme d’affaire croisé deux minutes lui avait demandé une photo avec elle, ce qu’elle avait refusée aussi. Il parait que les filles font pareil, je n’en ai vu aucune sur le site en tous cas.

P1050796 [800x600].JPGArrivée au pied du site, nous devons nous déchausser ou enfiler les chaussons donnés à l’entrée avec le ticket. Je suis en chaussette et je commence à monter les hautes marches qui mènent au pied du Palais.  Sur l'esplanade, je suis à nouveau embêtée par un groupe plus vieux d’hommes qui veulent me prendre en P1050806 [800x600].JPGphoto avec eux. Je dis non poliment, mais l’un insiste de manière vraiment insupportable, il me suit alors que je m’éloigne, je vais vers un groupe de vieux assis par terre sur le parvis, qui regarde le manège sans trop réagir. Fascinant. Le mec finit par lâcher prise. Mais c’est vraiment fatiguant.

Je finis par rentrer à l’intérieur du Taj Mahal, après avoir pris mon temps à shooter les détails du site, qui n’a rien d’exceptionnel,P1050790 [800x600].JPG P1050804 [800x600].JPGd’autant que nous sommes dans le noir, qu’il est interdit de prendre des photos (règlement transgressé largement par la foule du coup on entend des coups de sifflet tout le long des gardiens malheureux tentant d’identifier sans succès les coupables). Mais je retrouve à l’intérieur Stéphanie et ses deux amis  - Caro et Henri - qui font aussi un tour du monde d’un an eux. C’est trop sympa, ils arrivent du Rajasthan. On discute, échange, nous suivons sur le site. Vous pouvez suivre leurs aventures ici, si ça vous dit aussi. Après la visite du Palais, on en fait le tour, de l’autre côté, un fleuve.

 

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On se dirige alors vers l’aile gauche visiter l’autre bâtiment du Palais. Rouges, là encore pleins de petits détails. Un vrai plaisir pour l’œil.

 

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Nous finissons par nous diriger vers la sortie lentement, profitant au bout du chemin d’une dernière fois de cette vision que probablement nous ne reverrons pas de si tôt. L’entrée est noire d’Indiens et de touristes, et lorsque nous sortons, la queue aux guichets est assez longue, alors que nous n’avons pas eu à attendre du tout.

 

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Le Taj Mahal (l’ensemble) est un endroit qui ne laisse pas indifférent, et aucune photo ne peut rendre la subtilité du lieu. Son histoire participe à la dimension mythologique et mystique, même si  le point de vue de Aldous Huxley, peut se défendre : "Si on compare le Taj aux édifices européens plus ou moins contemporains de style nécolassique de la Renaissance et de tsyle baroque, cette pauvreté des éléments constitutifs devient frappante. Considérer par exemple, la cathédrale Saint-Paul. le nombe des motifs utilisés dans sa composition est considérable." A la nuance près que le Taj Mahal a été érigé entre 1631 et 1644, alors que la cathédrale Saint-Paul de Londres (si c'est bien de celle-là dont il parle), a été construite entre 1675 et 1710. Les styles évoluent en 30 ans...

Nous voilà hors du lieu. Je demande à mon guide de prendre mes nouveaux compagnons avec nous puisque la voiture est grande. Et là je suis heurtée à un non, impossible, blabla gouvernementale (la voiture est en prépaid j’ai pas compris), il refuse même le bakchich que je lui propose, j’en déduis qu’il ne doit avoir vraiment pas le droit de rajouter des passagers. Il veut absolument m’emmener dans la suite du programme alors que je lui avais dit que je voulais faire ce que je voulais à partir du moment où j’avais payé. Je laisse néanmoins Stéphanie, Henri et Caro avec regret qui vont prendre un pot dans un café je ne sais où, en leur disant que je vais boucler ça, et on se retrouve plus tard.

 

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22/04/2009

Dimanche 29 mars - 13ème jour - Agra - 1ere partie : le train

P1050701 [800x600].JPGLever aux aurores pour chopper le train de 6h du mat’. Je me lève au radar, et saute dans un taxi, où je me laisse porter à travers Delhi avant que le soleil ne soit levé. Delhi à cette heure comme la plupart des grandes métropoles est agréable. Et de me rappeler combien j’aime me balader à Paris durant ces heures où la plupart des gens dorment, et où la ville soudain respire et s’apaise de son surplus d’activité quotidienne.

Il est environ 5h00 du mat’ et j’apprécie la fraicheur, le fait que pour une fois, les rues et avenues sont presque vides, le silence de la ville… Cette félicité est de courte durée, car arrivée aux alentours de la gare et donc près de Delhi Bazar, à nouveau l’agitation, le brouhaha, les rickshaw qui s’agitent, la foule, le bruit. A cette heure-ci, cette masse bruyante c’est un peu violent. Je navigue entre les taxis et les hommes pour me frayer un chemin jusqu’à la gare de Delhi. Je comprends que les routard(e)s/voyageurs(euses) qui débarquent via la gare à Delhi en garde une fort mauvaise impression. D’autant que le guide du routard semble-t-il les oriente vers des hôtels dans la rue du Bazar qui comme première approche de Delhi est un peu violente.

La gare de Delhi, ce sont des gens qui dorment aussi agglutinés dans le hall, c’est sale, bref, un univers quelque peu hostile si l’on n’est P1050706 [800x600].JPGpas habitué à l’Inde (et quand bien même) et surtout le matin. J’arrive néanmoins sur le quai qui semble correspondre à mon train, mais je vérifie auprès d’une personne pour en être certaine. Rapidement l’arrivée de touristes qui errent ci-et-là le long du quai me confirme que je suis vraiment sur la bonne direction. Je m’aventure à tenter de comprendre toutes ces feuilles accrochées au mur qui visiblement semblent correspondre à des réservations. Il y a des noms dans tous les sens, j’essaie de voir si le mien est inscrit quand un mec m’aborde après avoir abordé un groupe de touriste près de moi.

« - You’r’goin’ to Agra ?

- Yes

- Show me your ticket… Mum it is an electronic ticket.

- Yes

- You need to have it stamped at the tourist informations..

- Mmm ?

- Wait here, I’m comin’ back”

P1050708 [800x600].JPGCette histoire de tampon me semble légèrement suspecte étant donné que mon billet, comme il a si bien observé est électronique, et qu’il est fort probable que l’agence de Ludo m’aurait précisé si je devais faire telle ou telle démarche supplémentaire. Je reste plantée néanmoins au même endroit, je le vois partir avec le groupe des 3 autres touristes. J’ai effectivement vu le bureau des touristes indiqué quand j’entrai dans la gare, mais.. Il n’a pas l’air vraiment méchant, et je ne risque pas grand-chose vu la foule et le nombre de « Western People ». Il revient quelques minutes après, en me disant que je dois monter au bureau des touristes. Il doit être pas loin de 6h05, mon train est dans dix minutes, je lui fais remarquer que je risque de le louper si je le suis.

« - Come, Come … »

Quelque peu méfiante, mais voulant quand même vérifier, je le suis. Déjà première chose étrange, il me fait monter pas du bon côté pour le bureau des touristes. Bref, un œil ci et là, je ne risque toujours rien. Je me retrouve au premier étage, avec naturellement les guichets fermés et un gonze qui a une tonne de papelards dans les mains et qui me dit que mon billet doit être tamponné.

« - Ok, so do it if so…

- It is 2000 rupees, train taxes …”

Je me marre et je réponds :

«  - How can it be 2000 rupees, it is more than the ticket and more than a plane !”

Le mec ne se démonte pas, alors que l’autre, celui qui m’a emmenée semble paniquer.

« - Ok, it can be less…”

Je n’ai pas le temps de lui répondre, l’autre type lui baragouine un truc et me dit de le suivre, sinon je vais louper mon train. Donc on P1050709 [800x600].JPGredescend et il m’emmène directement à mon bon wagon (ce qui en soi est pas mal ça m’a éviter de chercher). Monte avec moi et me dit.

« - It is there, you must pay the train taxes…”

“ – But I don’t have any money, only 300 rupees” lui rétorque-je un peu hallucinée.

“ – 300 rupees is fine…”

“ – Listen I am not going to give you 300 rupees, I have already paid my train ticket.”, suffisamment fort pour que mon entourage l’entende.

Finalement le mec prend peur, et décide de sortir du train. Fin de l’anecdote de la tentative de roublardise… Dès 6 du mat’ j’avoue que la journée s’annonce rude, et quelque peu fatigante. J’ai halluciné que jusqu’au bout il tente de m’extorquer des roupies pour une soi-disant taxe de gare. Il est même parvenu à me mettre un doute, je me dis que je verrais bien quand le contrôleur passera. Me voilà en first class, assise. Le confort à l’indienne n’a rien à voir avec nos 1ère classe française, mais pour là-bas, nous pouvons considérer que c’est un vrai luxe. Néanmoins des détails que nous pourrions appliquer dans notre SNCF. Nous avons des bouteilles d’eau fermées à dispo avec chaque siège, et ils servent peu après – comme dans les avions – des plats – que je ne me risque pas à tester ceci dit.

P1050718 [800x600].JPGJe me retrouve initialement assise près d’une femme et son gosse. Je comprends qu’elle est avec la gamine qui se situe derrière moi, et je propose d’échanger nos places. Elle accepte, reconnaissante, puis 10 minutes après le départ du train, elle me demande de shifter encore avec une place tout au fond qui visiblement doit être celle de sa sœur. Vais-je bientôt enfin me poser ? Arrivée à ma nouvelle place, ma voisine entreprend de vouloir discuter avec moi sur le pourquoi je n’ai pas accepté la pitance servie par la compagnie. Je lui rétorque que je n’ai pas faim (ce qui est vrai) et abrège la conversation. P1050723 [800x600].JPG6h00 du mat’ je ne suis pas trop d’humeur à gazouiller. Je me tourne vers les paysages qui me mènent hors de Delhi. La journée s’annonce déjà magnifique. Mon observation néanmoins cède le pas à Morphée, je m’endors rapidement, interrompue seulement par le contrôleur de mon e-ticket qui naturellement n’a rien évoqué à propos d’un éventuel tampon ;), et m’éveille 2 minutes avant l’arrivée à Agra (réveil réglé car il ne s’agissait pas du terminus).

13:34 Publié dans Carnet de Bord, Inde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : agra

Beijing .....

Bien arrivée à Beijing....

Première impression : c'est immense !!!!!

Deuxième impression : Thomas M. mon bienveillant welcomer is very cool... C'est le voisin de l'amie Cécile de Sarah W., vous suivez ? ;)

Troisième impression : trop bon la bouffe dans les boui-boui (pics déjà prises)

Quatrième impression : vivement demain pour entamer la visite de la vieille ville, les temples.. .et après demain pour la Grande muraille !!! :)

- fin du communiqué et maintenant Agra pour vous ;) -