Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Mardi 24 Mars - 8ème jour - Delhi | Page d'accueil | "Il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l'on ta confisqué" - Mohamed Moulessehoul - Yasmina Khadar »

16/04/2009

Mercredi 25 mars - 9ème jour - Delhi - Visite de l'orphelinat de Ashaniwas

P1050341 [800x600].JPGLever assez tôt. Aujourd'hui rendez vous pour visiter l'orphelinat de Ashaniwas de Soeur Lili appelée la veille et le centre de projet Why si le temps le permet. Vers dix et demi Baldir m'appelle. Ok dans une heure. Je vaque à mes occupations puis je l'appelle pour voir ou il en est. Il est déjà en bas ! Ca faisait déjà une bonne demi heure qu'il était présent sans broncher. Mais c'est qu'il n'avait plus mon numéro. Pas grave. Nous devons recharger mon tél avant de filer. En route....

Cette journée a été très marquante, et c’est à partir de ce jour que j’ai eu du mal à reprendre mon activité du « compte-rendu ». Je n’achève cette note - que je divise en deux posts - commencée à Munnar en Inde que dans le train qui me mène à Shanghai. Il est 20h56 (heure locale), nous sommes le 15 Avril. Parfois les émotions sont trop fortes pour pouvoir être décrites à chaud.

L'orphelinat est loin de Delhi environ une heure en voiture même si seulement situé à quarante kilomètres et quelques. J'avoue qu'il a fallu que je pousse un peu pour ne pas renoncer à ce projet. Trois choses à mon esprit. Mon "équipe" qui attend que je la remotive. Un mail de réponse de Florence CB que j'avais contactée la veille pour avoir des infos sur l’orphelinat et m'a répondue que Sœur Lili avait fait un travail remarquable, elle-même revenue à Paris. Un mail d'Elo le matin qui m'envoie des évangiles de temps a autres pour que je réfléchisse dessus.

Aujourd'hui c'est l'Annonciation. L'essentiel n'est pas de croire de croire que Marie a pu être enceinte par miracle mais plutôt la manière dont elle a accueilli la parole du Seigneur. Je garde cette phrase toute la journée en tête. J’ignore ma p’tite Elo si je déciderai de rejoindre la chrétienté catholique, mais j’aime recevoir ces textes. Je n'ai aucune confession officielle, reste sceptique vis-à-vis des pratiques religieuses bien que je crois en une spiritualité nécessaire et une force qui dépasse notre existence.

Le chemin est assez pénible pour me rendre a l'orphelinat, malgré le fait que je sois conduite. Les routes indiennes sont crevantes, leurs irrégularités, les à-coups, le bruit, la chaleur, la poussière… Plusieurs fois je me suis interrogée sur les raisons pour lesquelles j’entreprenais de me rendre à perpète pour une cause dont je sais très bien qu’elle ne changera pas la face du monde et ne sauvera pas les millions de gosses abandonnés. Plusieurs fois je me suis dit : « Mais pourquoi t’embarques-tu encore dans des projets que personne ne t’a demandé de mettre en œuvre ? ». Je ne fais pas ça pour sauver mon âme, je ne crois pas dans l’enfer. Dans ces moments, je doute souvent. Sur la route, je le confesse à nouveau, je me suis dit que décidément même en « vacances », je réussissais encore à me mettre sur le dos des contraintes par moi-seule fixées. Et dans ces instants, il y a néanmoins souvent quelque chose qui me pousse à aller jusqu’au bout sans trop savoir pourquoi. Un instinct qui me guide à l’aveuglette et auquel je fais confiance.

J'ai ma réponse dès que j'arrive… C'est une émotion tellement unique qu'il m'est difficile même a posteriori de décrire cet après-midi. Mes doutes se sont à la seconde envolés, j’ai eu la sensation d’être là où je devais être, et encore aujourd’hui loin de Delhi, je me remémore les regards, les rires, les attentes de ces gamines pour continuer de croire dans mon projet. Ces enfants donnent spontanément et sans calcul en quelques heures de l’amour, de l’affection, nous ramènent sans le vouloir à l’essentiel. L’être et l’humain.

Ce moment dans l’orphelinat doit être vécu pas être « retranscrit » de manière brute. Et j’invite quiconque même sans se sentir l’âme de Mère Theresa à tenter l’expérience au moins une fois. Je vais donc me contenter de poster ici l'album photo qui parle de lui-même (cliquez sur le lien), vous présenter enfin l'Association Neirie dans un post à part, et vous invite à lire la note suivante qui complète le « compte-rendu » de cette journée.

Je suis restée environ une heure et demi je crois au final là-bas. Je n’avais pas prévu aussi longtemps. Une heure et demi qui me donne une énergie incroyable et la volonté d’améliorer dans la mesure de mes moyens la vie de ces cinquante sept gamines. Soeur Lily a réussi à rassembler suffisament d'argent pour construire un bâtiment pour ces gamines salubres, les héberger, les éduquer. Une femme à fort caractère, mais au grand coeur. Et ce n’est que le « premier » orphelinat visité. Me remémorant ces gamines, je me souviens que l'amour des enfants est infini qu'ils sont ce que demain sera à condition qu'on leur montre un avenir radieux au lieu de les faire payer l'irresponsabilité de certain(e)s. Montre à l’aveugle son chemin, peut-être deviendra-t-il clairvoyant. « On est jamais à l’abri d’un coup d’bol » dixit Julien Bayou, merci Julien.

Je quitte l’orphelinat heureuse et marquée. J’envoie des sms à mon « équipe », et j’appelle Patrice pour pouvoir partager ce moment. Mon voyage spirituel continue. Coup de fil de Ludo, nous sommes encore loin, il va rentrer directement à l’Hôtel, je vais l’y retrouver rapidement avant d’aller dîner chez Leslie qui gentiment nous a invités. Ludal étant fatigué, j’irais seule.

Lesleigh G. habite un très bel et très grand appartement qu’elle va bientôt quitter, où elle logeait avec son ex-petit ami. Cette femme dégage quelque chose de très particulier. Elle me présente son travail photographique passé sur Paris (que j’aime beaucoup), en cours (très teinté de sur-réalisme). Je me retrouve nez-à-nez avec de récentes « sculptures » trop « violentes » à mon goût – ce dont je lui fais part – marquées par sa récente séparation. Femmes crucifiées en tout genre, j’en connais néanmoins certain(e)s à qui ça plairait. Le dîner est délicieux, discussions diverses qui ne sont que les prolongations de notre soirée chez Alka. Politique, société, mentalités, art… Je pars assez tôt ne voulant pas retenir Baldir trop tardivement, et surtout désirant croiser Karan avant qu’il ne prenne son avion pour le Canada, étant donné que je partirai avant son retour. Back home, je retrouve Anouck et Karan encore en préparation après la recherche du passeport égaré qui leur a pris pas mal de temps. Je fais part de ma journée orphelinat avec Anouck, elle accompagne Karan sur le départ, discussions toutes les deux ensuite sur les différences culturelles inde-France entre autres.

Puis dodo…..

Les commentaires sont fermés.