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31/03/2009

Communiqué de Presse - Bangalore - 19h38

Communiqué AFP - Bangalore - 32 degrés aujourd'hui - Nous informons à notre aimable assemblée virtuelle que nous quittons Bangalore ce soir by train pour aller à Hampi (1 nuit/2 jours) puis si les trains indiens sont cléments et qu'ils arrivent bien à l'heure le 3 avril à 6h10 du mat', j'aurais peut-être le temps de petit déjeuner avec Tonio & Linda avant de repartir directement par avion vers Cochin où je suis logée chez Monolita, une couchsurfeuse.... Cochin et les alentours du Kerala jusqu'au 7 avril. Programme improvisée, sans doute Munnar dans mes bagages... Déconnection blog pendant tout ce temps, car je laisse tout mon matériel lourd chez Tonio (ordinateur, gros sac) voyageant le plus léger possible pour pouvoir être mobile facilement. Grosso modo cela signifie que :

1) vous n'aurez la fin du "carnet de bord" made in India qu'après cette date (là j'ai pas le temps de finir ;)) et

2) la prochaine fois que je posterai une note sur ce blog, je serai à Hong-Kong ! Car mon avion pour Hong-Kong est dans la nuit du 7 au 8 avril..  Fab I am almost with you !!!!! - Fin du Communiqué de Presse.

 

Dans nos prochains épisodes vous aurez droit à :

- découvert de l'habitat centre / déj avec Alka / rencontre avec un photographe / dîner à l'Impérial

- Visite de l'orphelinat de Asha Niwas et présentation du projet Neirie

- Visite du centre près de nehru Place du projet Why (toujours pour les gosses)

- Diner au Lodi Garden / Expo improvisée et quelques peintres intéressants

- Journée à Agra / Taj Mahal entre déboires et nouvelles rencontres

- Départ pour Bangalore / retrouvailles d'Antoine / Diner à Bangalore

- Journée à Bangalore city avec Linda

Et mes prochains jours donc....

 

Cachez votre joie :p

 

16:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

Lundi 23 mars - 7ème jour - Delhi

P1040799 [800x600].JPGRéveil relativement tôt comparativement à l’heure de dodo, puisque vers 9h30/10h sur pied. En P1040855 [800x600].JPGroute pour le Safdarjung’s tomb. Prix différencié à l’entrée. Ici c’est 250 roupis pour les touristes. Première impression pas terrible, mais c’est sans doute parce que j’ai été mal habituée à être peu entourée de touristes dans tous les lieux que j’ai visité. Une grande allée en arrivant, sur le côté quelques bâtiments. Rien de très intéressant niveau art-déco, je poursuis néanmoins ma route d’un côté. Je m’aventure tout au bout du parc vers des ruines, et une cour contenant des anciennes tombes ou je ne sais. Mais entièrement vite à part le gardien qui traîne, et quelques tas de chantiers. Je reviens sur mes pas, vers l’allée principale, et m’apprête à passer un autre grand porche, où on me demande enfin mon ticket. De l’autre côté, c’est nettement plus intéressant, car ça débouche sur un assez joli mausolée. J’imagine que voir cela avant le Taj Mahal fait plus d’effet que si j’avais fait l’inverse. Moins de monde de ce côté-là, il fait très chaud. Je passe environ une trentaine de minute de ce côté ci, le temps de faire le tour, aller plus loin là bas voir l’autre morceau de tombe… Puis marche arrière, les travailleurs qui toute à l’heure creusaient à présent déjeunent. Je me sors donc une belle pomme rouge piquée chez Ludal en guise de déjeuner (la chaleur a raison de mon appétit), j’en propose une autre à Balbir qui lui n’en veut pas.

Direction Hauz Khas Villageà présent, comme conseillé par Anouck. Balbir me débarque à l’entrée d’une rue où immédiatement on sent le côté « petit village ». Je rentre immédiatement dans une première galerie qui a ceci de pittoresque que son gardien dort à poing si fermés que non seulement il ne me voit pas rentrer, mais je visite, je prends des photos, je ressors, il n’a pas plus bronché ! Un sommeil de plomb. C’est un quartier sympathique, je m’engouffre dans une ruelle, m’arrête à toutes les galeries que je croise, P1040927 [800x600].JPGon y trouver des tableaux plus ou moins bons, mais quelques-un néanmoins attire mon œil. A un moment P1040993 [800x600].JPGdonné en suivant un vieil homme, je ne me retrouve pas du « bon » côté de Hauz Khaz mais derrière, là où les mouches volent, et les Indiens habitent. Je n’ose pas m’aventurer plus rien ne sachant pas où débouchent la ruelle qui visiblement ne revient pas sur mes pas. Marche-arrière à nouveau, je me retrouve à présent dans un parc où il y a des ruines. Un groupe de gosse joue au cricket avec un plus vieux. Des indiennes avancent, je m’avance vers un petit muret derrière lequel se détache l’horizon. Et là-bas, j’aperçois les ruines de Hauz Khaz, avec pleins d’Indiens, de couples qui ont élit domicile à différents endroits. Assez fatiguée, je décide de ne pas poursuivre ma route jusque là-bas, plaisir des yeux restera lointain. Je retourne sur mes pas par un autre chemin où je croise encore galeries, boutiques diverses… C’est un îlot un peu tendance ça se sent. Si je devais tenter une vague comparaison avec Paris, le côté butte Montmartre pour l’atmosphère « petit village » et enchaînement de galeries comme à St Germain. Au final un endroit tourisitco-culturel sans pour autant de touristes (je n’en ai croisé aucun), Ca fait un bol d’air par rapport à Delhi aussi. Si et quand j’aurais le temps je ferais une note « à part » sur ces galeries et les artistes que j’ai pu éventuellement trouver intéressants.

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Retour à la voiture, Anouck et Karan injoignable, je suis donc forcée de vadrouiller encore, malgré le fait que je sois proche de la maison. Je demande donc à aller au Lakshmi Narayan Birla Mandir Temple que j’ai vu sur ma carte qui commence à nettement dépérir (mais comme tout ce qui a vécu avec nous, on s’y attache, je refuse formellement de me détacher de celle-ci contre une neuve). Arrivée devant, presqu’aucun touriste, un « marchand de fleur ». Je prépare machinalement 250 roupis pour l’entrée. On ne paie pas ici, c’est un vrai lieu de culte. Je fais comme mes prédécesseurs, j’achète des fleurs aussi. On se déchausse un peu plus loin pour les étrangers, nos chaussures, appareils photos, téléphones portables confisqués. Interdiction de prendre des photos à l’intérieur de cet énorme temple tout blanc, avec des décorations aux couleurs vives. J’aurais aimé prendre les détails pour Lita, mais tant pis. Sans appareil c’est pas mal non plus. Je décide de suivre ce que font les Indiens. Donc j’en repère quelques un que je suis. Ils déposent des fleurs auprès des statuts ci et là. Je fais la même chose. J’ai du déposer je crois des fleurs au pied d’environ dix statuts !!! A un moment donné un des « gardiens » des dieux me regarde souriant.

« you don’t know what to do r’ight ?”

“Yes.”

Là il me prend des fleurs en met dans le pot. Me prend mon mini sachet de sortes de cacahuètes (livrée avec les fleurs), met une pétale dedans et me redonne le sachet. Puis me marque le front d’un rond rouge. Je poursuis mes déambulations au sein de cet immense temple. C’est agréable pied nu. Et puis c’est propre. Je reviens dans la salle d’accueil et je m’accroupis par terre pour faire comme mon voisin. Les indiens me regardent intrigués en passant. Une fleur m’intrigue au plafond. Je me décide pour la croquer pour l’envoyer à Carole, et là je vois des regards étranges, désapprobateurs, n’aurais-je pas le droit non plus de représenter ce que je vois ? N’osant pas trop poursuivre l’exercie je m’arrête, le soir Karan, et plus tard Alka me diront que non je pouvais, ça devait juste intriguer que je dessine dans le temple, puisque eux viennent pour prier. Sortie du temple, je reçois une confirmation d’Anouck et Karan comme quoi ils sont rentrés. Je peux donc me rediriger vers le Sud.

 

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Le soir nous restons tranquille et ça fait du bien …. !

Ô temps suspend ton vol....Bangalore... 1h07 du mat'...

P1050465.JPG"Le voyage est un rezzou lancé sur le monde extérieur par le voyageur, ce prédateur en chasse qui revient un jour chez lui, lourd de butins. Un voyageur digne de ce nom ne peut s'intéresser à lui-même et cherche hors de soi matière à l'émerveillement", Petit Traité sur l'Immensité du monde, Sylvain Tesson. C'est peut-être pour cette raison que j'ai tant de mal à poursuivre l'exercice scolaire du "carnet de bord" (mais vous l'aurez dès que je peux, la semaine en "digest".) Ca me parait assez vide finalement, parfois difficile de retranscrire par un simple descriptif ce que je ressens et/ou vis. 13 jours que je suis partie...

Psychologiquement j'ai l'impression d'être partie depuis longtemps, ce, malgré le fait que je suis encore "connectée" à certain(e)s de mes proches. Le temps passe à la fois lentement et très vite... "Demain"  (le 8/04) déjà et je serai à Hong-Kong, alors que je n'ai  fait que "goûter" à ce que l'Inde pouvait m'apprendre. Je n'aurais pas le temps. L'"effleurage" des cultures que je traverse, ces gens que je rencontre, six mois c'est trop court. Nomade éternel(le) ? L'infini des possibles."La mosaïque du monde est riche de tant de carrés, comment perdre du temps sur son misérable tas de secrets intérieurs ?" (idem).

J'ai quitté Delhi ce matin (hier pour la lecture de cette note en France), pénible impression de passer mon temps à dire"au revoir" ces derniers temps. Ma mobilité a toujours un prix. "Au revoir" ou "Bonjour" les autres, m'a dit Ludo ce matin, alors que je le quittais. "A bientôt ici ou ailleurs", Anouck. J'ai dit "Bonjour" à Antoine & Linda en arrivant à Bangalore.

Quelques personnes croisées à Delhi m'ont demandé comme une évidence quand je revenais du Sud de l'Inde, convaincues parfois que moi aussi j'étais installée à Delhi. Non, de passage. Passagère clandestine de vos tranches de vie que je suis venue partager avec vous pour avoir une mise-en-bouche de ce que pourrait être ma vie en Inde. Je suis venue oublier tout ce que je sais, tout ce que j'ai appris. Devant toi, je me pose humblement en demandeuse. Je ne sais qu'une chose c'est qu'aujourd'hui je ne sais rien. " .. (Le voyageur) rêve au contraire que l'univers conserve le visage de ces forêts semper virens où un seul hectare recèle cent cinquante espèces d'arbres distinctes luttant pour la lumière dans la joyeuse violence du divers." (idem). Toi, qui que tu sois, apprends-moi. Comme une enfant à ses premiers balbutiements, je demande souvent : "And how do you say that, and that ?" et je répète.

Paris m'étouffait. Paris et "ses possibles/pas possibles", Paris et ses carcans bien-pensants même dans la décadence. Paris P1020745 [800x600].JPGconservatrice, Paris enfant "gâtée". Paris que j'aime pourtant aussi pour tout le charme qu'elle a aussi, Paris au patrimoine culturel si vaste, Paris et ses p'tits cafés, Paris charmante, Paris, la nuit surtout... Paris, quand à nouveau souris-tu, mademoiselle capricieuse, si blasée, si cynique, si déchantée ? Quand renaîtras-tu de tes rêves brisés ? Toi, ville si magnifique. Le béton et non-perspectives t'ont-ils oté ton humanité, tes rêves, tes espoirs ? .... Et pourtant, il y a une belle énergie éparse, des étoiles dans ton ciel noir, sombre, morose. Paris, la coquette se fanerait-elle ? Paris en crise, réagira-t-elle ? Paris, je t’aime, mais comme tous ceux que j’ai aimés, je t’ai quittée, pour ne pas m’enfermer dans ta dépression. Une remise en question nécessaire... « Pour bien vagabonder, il faut peu de choses : un terrain propice et un état d’esprit juste, mélange d’humeur joyeuse et de détestation envers l’ordre établi » (idem). Toi, ici, comment  traverses-tu cette crise planétaire ? Tu n'y penses pas dans ton rickshaw, chaque jour suffit sa peine.  Les plus haut placés observent le marasme en attendant les décisions des Décideurs, mais constatent  l'échec d'une politique qui a aussi trop misé sur des visions de courts termes de gains rapides... pas uniquement dans les secteurs financiers, mais industriels (tout faire fabriquer dans les pays à la main d'oeuvre pas chère et négliger qu'en exportant la fabrication ça enlevait aussi des emplois locaux... Et là de citer des multinationales). Ce sont des comportements qui doivent changer. Gâchis et sur-consommation. Chacun doit prendre ses responsabilités, les Politiques surtout. Les expats s'accordent de Delhi à Bangalore pour dire qu'il y a tellement à faire ici, que ça ira. L'Inde s'en sortira aussi, car finalement ça ne change pas beaucoup le quotidien de la plupart :  travailler pour survivre. Beaucoup de philosophie face à cette crise, mais pas de drame, simples constats. (photo ci-dessusprise par Oneiri - Les Invalides, mars 2009)

Bangalore, après 12 jours à Delhi. Delhi la grouillante, Delhi l’épuisante, Delhi la cour des miracles, Delhi la contrastée, Delhi m’a plu pour sa complexité. Mais Delhi est sale, Delhi est une ville difficile pour le regard qui n’y est pas préparé(é) et guidé(e).  Delhi exige de nous forcer à être inhumain(e), froid(e), dur(e) quand les gosses insistent à votre fenêtre, quand une femme se plante devant vous avec son bébé (ou celui d’une autre) aveugle, quand un estropié, mutilé sautille peau sur les os entre les voitures, quand vous voyez tant de gens dormir par terre sur les trottoirs ou au milieu des détritus. Delhi exige des oeillères pour ne pas se laisser submerger par l'immensité de la pauvreté. Delhi est très éprouvante à cause de cela. Il faut prendre sur soi, s'aveugler consciemment. Mais comme le soulignait Anouck, à force, ça finit par devenir malsain, car  ça  fait partie du "paysage"  (y compris pour les Indiens eux-mêmes). Je pense à tous nos propres SDF qui dorment dans les métros.

Paradoxe. J’envoie balader ces enfants de la rue car c’est entretenir les réseaux malfaiteurs et je vais deux fois dans l’orphelinat de Asha Niwas pour apporter soutien de mon association aux 57 gamines, pour apporter cahiers et crayons et deux trois friandises. Moment très fort émotionnellement parlant. Contraste. Je passe des hôtels 5 étoiles, hommes d’affaires et compagnie au campus de l’université IIT. Saveurs. Des épices sur mes papilles. Coup de cœur. Alka Pande, Sœur Lili. Deux femmes au parcours atypiques. Alka Panda s’est imposée en tant que référence dans l’art après des études économiques. Femme à la forte personnalité, fidèle aux traditions et la culture indiennes. Elle aime son pays, en est fière aussi. Sœur Lili, mène son action pour ses 2 centres  d'orphelines d’une main de fer. Femmes fortes aux grands cœurs, Delhi, je reviendrai, tu m'as happée. « Quelle que soit la direction prise, marcher conduit à l’essentiel. » (idem).

(Merci V. S. pour cette musique)