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26/03/2009

Dimanche 22 mars - 6ème jour - Delhi

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(aparté : ça fait 2 jours que j'essaie de poster cette note, ce qui explique le ralentissement des posts / l'internet indien étant alternatif....)

Grasse matinée, réveil vers 12h, où j’appelle Nicolas M. comme nous avions convenu la veille pour se retrouver éventuellement pour bruncher avant qu’il ne reparte dans le sud. Il s’est endormi à 7/8h du mat’ pas tellement opérationnel avant 2 bonnes heures. On décide donc avec Ludal de se retrouver tous les deux, il doit aussi être rejoint par la suite par Rémi, sa femme Yasmine, et Esma.

Pour la deuxième fois je vais chopper un rickshaw, mais seule cette fois, on verra bien si j’arrive à faire comme Anouck. Avant de partir Karan me dit que normalement la course pour aller au Maurya Hotel, coûte 60 roupis. Je me dirige vers la sortie du Campus, 2 rickshaw refusent d’aller aussi loin. (20/30 minutes environ). Le troisième est un jeune qui avec le sourire me dit 80. Avec la même courtoisie je lui dis 60. Il ne veut pas baisser son 80. Moi je transige parce que tranchons la poire en deux à 70. Il ne veut pas dans un premier temps, mais finalement me dit de monter, tout sourire. Ca a plus l’air de le faire marrer de voir une jeune asiatique qui négocie le prix. Au bout d’à peine quelques minutes, il met en route le meter (qui débute déjà à 20 et quelques), je le vois venir à quatre kilomètres, mais je ne dis rien, et profite de mon escapade en rickshaw pour observer mieux l’extérieur. L’insolite de mon court trajet, c’est qu’à un moment donné une voiture se gare et reste immobilisée sur le côté de l’autoroute. Mon conducteur attend deux minutes, quand il voit que la voiture visiblement ne veut pas bouger, il la dépasse. Ici on peut s’arrêter partout. Nicolas m’envoie un sms pour me dire que vers 14h ils seront au brunch du Taj Mansingh. Je préviens Ludal, on va les rejoindre là-bas.

Arrivée au Sheraton, mon conducteur comme c’était prévisible me montre le meter qui était dans les 80 et quelques avec le sourire. Je souris P1040678 [800x600].JPGde même.

« It is not 80, you know it. Normally it is 60, and I decided to give you 70, so don’t ask me 80.”

Nouveau sourire amical de mon driver. Je lui montre un billet de 100 et lui demande de me donner 30. Il me file d’abord 20. Je le regarde en souriant, et lui demande les 10 manquants. Il sourit me donne les 10 manquants, je lui file les 100. Transaction achevée, il n’est pas perdant, il le sait, et tout ça s’est fait dans un espèce de jeu courtois, sans aucune agressivité.


Ludal n’est pas tout à fait prêt. Il saute dans sa douche, pendant que je me colle à son ordi pour checker rapidement les mails. On décolle vers 14h, et on arrive dix minutes après dans ce nouvel hôtel (je vais faire un classement à force… L’Impérial remporte la mise haut la main pour le cadre, la cuisine du restau « chinois » du Sheraton et italien de l’Impérial aussi). A l’entrée du Taj Mansingh, il y a des Indiennes vêtues vraiment magnifiquement, apparemment un mariage s’organise dans l’hôtel. Nicolas et Joachim sont déjà là. Ils attendent deux de leurs amies. Présentations mutuelles. On arrive dans la salle de brunch où le champagne est à volonté… Sauf qu’une « chanteuse » nous casse les P1040696 [800x600].JPGoreilles en interprétant des chansons à l’eau de rose. A peine assis, nous décidons d’aller en bas à l’extérieur, tant pis pour le brunch à volonté, on préfère le calme du rez-de-chaussée avec l’autre restaurant. Les deux amies de Nico et Joachim sont arrivées. Brune et Pascale ravaillent toutes les deux à l’AFD, et ont déjà pas mal vadrouillé entre Londres et Singapour, et Delhi pour 2 ans ici. Je discute peu avec elle, vu l’agencement de la table, me trouvant en face de Nicolas et Joachim, à côté de Rémi, Yasmine et Esma qui arriveront par la suite. Ludal en revanche sympathise. Toutes les deux sont de Scpo Aix, Joachim et Nico se sont connus en DESS. Ca fait depuis Scpo que je n’ai pas revu Nico, bah il n’a pas changé !

On reparle rapido de quelques personnes de l’IEP, histoire de donner des niouzes (d’ailleurs Matt B si tu lis ces lignes, tu es attendu en Inde !!! Lâche Bruxelles pour le soleil de Delhi). Le menu fait encore 4 km, je décide au pif, pour un poulet tikka (je crois). L’ambiance est comme les atmosphères post soirée. On est content de prendre notre temps attablés. On est aussi en plein dans l’ambiance expatriée des jeunes cadres vivant à l’étranger. Ca change de la soirée d’hier. Différent. Rémi, Yasmine et Esma arrivent enfin. Ils étaient à un des derniers défilés de la fashion week de Delhi. Esma est attachée de presse pour Cerutti (commence post école). Yasmine était styliste avant, moitié algérienne, moitié française. J’aime beaucoup l’approche de cette femme de sa vie à Delhi. J’aime beaucoup son caractère de manière générale, au feeling. Avec Esma aussi le courant passe bien. Nous envisageons d’aller au Taj Mahal ensemble, puisqu’elle repart, elle samedi, de passage uniquement. Rémi et Yasmine sont arrivés l’été dernier et à Delhi pour au moins trois ans. Rémi travaille avec Ludal, originaire des alentours de Toulouse initialement, et installé à Aix aussi quand il n’est pas expatrié en Inde. Après un brunch fort sympathique, nous partons presque tous en même temps (les filles étant partie un peu avant).

Avec Ludal, nous nous arrêtons près du Khan Market pour recharger ma carte sim (250 roupis // j’ai eu des appels à l’étranger), puis à un P1040711 [800x600].JPGfleuriste où Ludal tente pour le principe de négocier le bouquet (mais il était à 500 roupis ce qui n’était pas énorme compte tenu des fleurs), que nous prenons pour apporter à Alka où nous sommes invités ce soir. Puis direction hôtel de Ludal, il a un RDV taff encore aujourd’hui, je vais me poser avant qu’on reparte dans sa chambre, bosser un peu, douche etc. (il doit être déjà environ 17h30).

Vers 19h30, presque 20h (donc déjà en retard pour être chez Alka), nous partons de l’hôtel. Ludal me dit que de toutes manières chez les Indiens tout le monde est toujours en retard, donc que nous ne sommes pas réellement en retard. Je préfère appeler Alka pour la prévenir malgré tout. Nous arrivons vers 20h30 et effectivement nous faisons partie des premiers arrivants. Nous sommes près de Putar Qila, près de l’Oberei Hôtel. Nous montons les marches vers la terrasse en même temps qu’une autre personne, et là haut, nous débouchons sur une grande terrasse aménagée pour l’occasion. Bar d’un côté, futurs plats de l’autre, des chaises, tables, et coussins au loin sur une sorte de mini estrade. Les personnes sont toutes élégantes. Nous sommes chez Alka Pande que j’ai connue à Abu Dhabi grâce à Jonathan C. et Fabrice B., très reconnue dans le domaine de l’Art sur la scène aussi internationale. Je rencontre Narayani, secrétaire à l’Ambassade de France, qui très gentiment va m’aider sur mes histoires d’orphelinat, et commence à discuter avec Waswo X. Waswo, photographe.

P1040737 [800x600].JPGIl a une histoire très singulière, qui d’ailleurs a fort marqué notre ami Ludal. Déjà le personnage. Pieds nus sur la terrasse, chapeau style havane, cheveux longs, lunettes et une présence… Il y a des personnes qui sans parler « dégagent » une atmosphère. Nous conversons. Lui tout comme moi pensions être en petit comité. Lui tout comme moi, ignorions que c’était l’anniversaire d’Alka, avant qu’une série de choses interviennent pour que nous le comprenions subtilement. Personne en réalité n’était au courant, à part la famille d’Alka me semble-t-il. Il est venu une première fois en Inde, ça lui avait plu. Puis il est venu une deuxième fois en vendant tout ses biens aux USA, (il habitait près de Chicago), débarque à Delhi, ne savait pas où allait. Et un rickshaw le conduit à Udaïpur qu’il a adoré, et depuis il y est resté depuis je crois 8 ans déjà si ce n’est plus…. Son père était malade un jour. Il l’a fait venir avec lui à Udaïpur où il avait tous les soins, pour qu’il meurt en paix… Mais Ludal (s’il arrive par ici) complétera peut être cette note…

Nous sommes interrompus par Alka, qui nous demande de nous rassembler car sa petite sœur et sa mère vont interpréter des chants indiens en l’honneur de je ne sais plus quelle divinité et la dernière étant festive sur le vin. Et là…. Cette voix…. Ces voix. Incroyables. A capela. Saisissant. Je vous laisse juger avec la séquence suivante (il faut pardonner ce montage « naze », mais je ne suis pas sur final cut, étant donné que je n’ai que le pc, et que je n’ai pas trouvé de soft gratuit digne de ce nom !).

Après les chants, la mère d’Alka lui dédie un poème auquel naturellement je ne comprends rien mais ça sonne bien. Nous comprenons enfin que c’est une little party pour son anniversaire. Délicatesse de notre hôtesse. Les plats sont servis, on nous invite à aller nous servir. Coup de fil de Mum à cet instant. C’est toujours amusant d’entendre « La France » en décalage horaire.

Merveilleux choix de nourriture indienne. Cette fois-ci le riz est bien cuit. Il n’y a que cette espèce de mixture blanche que je n’aime pas du P1040755 [800x600].JPGtout. Pour le reste… Je m’attable et me retrouve en face de Leslie avec qui je vais échanger une bonne partie de la soirée. Leslie dégage aussi quelque chose d’évanescent. Sculpteur, photographe-sculpteur, d’origine américaine, elle a vécu une dizaine d’années en France, avant de venir en Inde il y a 4 années de cela. Discussion autour de la culture indienne, des impressions, sensations, l’art trop conceptuel, l’art, nos goûts etc... De temps à autre un autre interlocuteur se greffe, puis nous reprenons le fil de nos discussions.

La fille d’Alka, déjà, 24 ans, arrivée ce matin de Londres où elle fait des études de photographies. Vive, pleine de vie, c’est vraiment une présence agréable. Une des sœurs d’Alka expatriée depuis 3 ans en Californie, mais qui veut revenir en Inde pour faire connaitre la culture indienne à ses enfants (6 et 9 ans). Elle était professeur à une époque (si mes souvenirs sont bons) aujourd’hui elle est fiction writer. Discussions autour de la culture indienne, de leur mère, de l’importance pour les enfants de connaître leurs deux cultures etc… Très fréquemment le mari d’Alka (depuis le début, indian’s touch), vient vérifier que nos verres sont bien remplis et s’empressent de nous les faire remplir si ce n’est point le cas.

Ca se vite assez tôt, la sœur d’Alka explique que c’est parce que nous sommes dimanche, tout le monde travaille demain. J’aurais bien profité plus de la discussion, mais soudain Timy (je ne sais pas si ça s’écrit comme ça) un homme visiblement Sikh, et visiblement gominé, et visiblement chacheur, veut m’embarquer à une party. Je précise que je suis avec Ludo. Qu’à cela ne tienne, il nous emmène tous les deux. Après tout pourquoi pas, ça nous fera voir encore autre chose. Nous saluons, Leslie me donne rendez-vous chez elle mercredi pour dîner, je pourrais ainsi voir ses œuvres aussi.

Timy nous embarque dans son énorme voiture type 4 x 4 blanche. Une bouteille de champagne à l’arrière. Immédiatement ce garçon, par ailleurs fort sympathique, me fait l’effet d’être une sorte de « la vérité », un poil chacheur.. Quand on l’écoute, il connait (presque) tout le monde, a ses accès (presque) partout. Il est acheteur d’art paraît-il. Soit. Ca je veux bien lui accorder d’être bon en affaire. Nous nous retrouvons à l’hôtel Ashok, dont il connaît visiblement le directeur/manager. Et nous voilà dans une salle à l’allure d’un dîner officiel… qui vient de commencer ! Allons-nous dîner deux fois ? C’est un dîner en l’honneur de musiciens Japonais venus de San Francisco (euh…). Il y a un japonais qui a beaucoup d’allure, avec des cheveux longs. Mais nous sommes assis à une table à part et le temps n’est pas au relationnel étant donné l’atmosphère très pincée de la salle. Deux amis de Timy nous rejoigne. Nous rions pas mal, même si je dois m’absenter ayant un P1040774 [800x600].JPGcoup de téléphone made in Europe qui me vaut les questions de mon entourage. Officiellement je suis fiancée, c’est beaucoup plus simple ainsi (c’est Ludo qui a annoncé ça). Je tiens à souligner que malgré notre dîner précédent, Ludal a malgré tout pseudo re-dîner une deuxième fois !!! Malgré les plats appétissants je n’ai rien pu toucher à part une petite carotte toute fraîche. L’ambiance étant toujours silencieuse à part notre tablée, Timy décide de nous embarquer downstair dans la boite de l’hôtel…

Ludo me dit que l’endroit est assez connu, on rentre comme des Princes, vu que nous sommes P1040780 [800x600].JPGvisiblement accompagnés du Prince of the delhi’s nights. J’ai pu apercevoir dans la boite que nous pouvions aussi dîner avec un buffet installé. Changement d’ambiance par rapport au calme de la terrasse d’Alka. Electro music à fond, ce qui n’est pas pour me déplaire. Ici la jeunesse friquée, les expats de Delhi se rassemblent. Alcool, filles en robes à l’occidentale décolletées. Un autre monde. Quelques mannequins au passage, ce qui semble logique vu que c’est la fin de la Fashion Week. Me voilà à Delhi comme je suis à Paris. Timy nous propose encore à boire (déjà au dîner, il était à l’alcool fort, c’est courant ici). J’accepte un whisky coke par politesse, mais – rassurant quelque part – l’envie de me débaucher n’est pas là, je bois quelque gorgées et laisse le verre de côté. Ces nuits je ne les connais que trop, et pour l’instant ce n’est pas ça dont j’ai envie. En revanche, danser sur de la bonne musique pendant une petite demi heure, ça c’était vraiment bon. Pas mal le dj. Ludo, un peu ailleurs, esquisse aussi quelques mouvements, mais demain matin il a des rendez-vous. Nous profitons du fait que Timy et ses amis veulent aller dans une autre boite, better as they say, pour nous esquiver. Il est environ 2h00, it’s time to go to bed…On retrouve notre driver Balbir (oui ça a change). C’est la fin du week-end, demain on reprend les activités…

 

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Commentaires

"L'internet indien étant alternatif...." : HA HA HA ! Faites moi rire encore Miss Neirie. Je ne m'en remets pas. J'ai mal au ventre tellement je ris... C'est quoi cet euphémisme. Voyons les choses en face. L'internet indien est à l'image de ce pays : il fonctionne à l'indian way. "Indian way" qui est à traduire en langage occidental (et a fortiori en langage français) par : "P..... !!! Non seulement c'est lent, mais en plus c'est kafkaien". Autrement dit, l'Inde c'est un peu comme la scène du "formulaire AY21-3" dans les "Douze travaux d'Astérix".

DB

Écrit par : DB | 26/03/2009

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@ DB :) // Alors explication d'Anouck : en réalité quand mon wifi me met : Connection très bonne // la connection est bonne, je suis toujours connectée par ex à skype MAIS et c'est là que le bât blesse.. étrangement je n'arrive pas à aller sur le site web, ou plutôt j'y vais, 1 demi seconde plus tard, plus rien, ou il faut relancer, ou tout simplement c'est comme tout ici.. Faut pas être pressé. Ca va ça vient quand le dieu du net décide d'être présent.... // Mais effectivement l'internet indien est tout à fait à l'image du pays.. c'était ma réflexion faite part à Anouck ce jour.
On sait jamais si ça va marcher, quand ça marcher ça marche alternativevment, mais finalement, on finit toujours par y arriver ... il ne faut juste pas avoir une notion du temps occidentale ;)

Écrit par : Lau | 26/03/2009

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