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« Delhi - 1h37 – 17/03/09 | Page d'accueil | En attendant la note de demain... Joshua Prem »

18/03/2009

Mercredi 18 Mars - 2ème jour - Delhi

2ème jour que je suis à Delhi, et j’ai déjà l’impression d’être partie depuis au moins 4 jours... P1030877.JPG

Le réveil n’a relativement pas été tardif comparativement à l’heure du coucher, vers 10h j’émerge, Anouck et Karan à peine aussi. Checkage rapide de mails, douche, p’tit déj. Repos ensuite quelques minutes, le temps de partir vers le Khan Market avec Anouck et Karan (qui nous dépose), pour chercher une carte SIM indienne et me vêtir local, histoire de passer plus inaperçue quand je shoote.

Ce marché, m’explique Anouck, est petit par sa taille (n’ayant aucun élément de comparaison je ne peux pas vraiment juger), et plutôt adressé aux classes élevées, ce qui, pour une première approche est pas mal, car ça permet d’avoir une idée des prix justes et d’être plus tranquille. On ne négocie pas ici. Effectivement c’est relativement paisible, et on sent à travers l’agencement des boutiques, et leurs vitrines le public visé. On passe dans le couloir, il y a 3 niveaux pour ce marché. Extérieur, central, puis vers ce que je qualifierai de « cour intérieure ».

Nous montons dans la boutique Fabindia. Pour la femme, il y a les sari (jupe/voile/petit boléro souvent fait sur mesure) ou les ensembles Salwar (pantalon soit bouffant, soit droit et un peu « cigarette ») & Kurta (les hauts à manches longues ou courtes, plus ou moins longs ou courts), souvent accompagnés des foulards. Soie sauvage ou pas, coton… et un éventail de couleur qui fait plaisir à l’œil ! Rouges, oranges, verts, bleus, roses, rayés ou pas… J’aime toutes ces couleurs qui égaient indiscutablement la ville, lorsque nous voyons les Indiennes – sans aucun complexe pour les plus enveloppées, ce qui est fort agréable – se baladant nonchalamment dans les rues.

En deux temps trois mouvements, je pars avec un salwar bouffant noir, une kurta manche longue et longue rose en coton, et un foulard en soie noir. J’ai jeté mon dévolu sur un saari et une autre kurta orange en soie, mais ayant pris très peu de liquide sur moi, je reviendrai. Le tout m’a couté 1755 roupis. Direction ensuite vers le magasin dans la cour sensé vendre des cartes Sim. Nous débarquons dans une boutique où il n’y a que des hommes, qui nous regardent un poil étrangement, sans pour autant être agressifs. Anouck leur demande en indi le sujet de notre présence. Le responsable nous envoie vers un autre magasin de l’autre côté de la rue. Il ne fabrique plus de carte SIM.

En sortant de la boutique, Anouck m’explique qu’elle avait achetée sa carte ici, puis qu’elle était revenue une fois, il lui avait indiqué l’autre côté de la route, où elle avait cherché sans succès cette fameuse boutique, au milieu des magasins de luminaires. Selon elle, il lui dirait cela uniquement pour se débarrasser d’elle, ce qui me semble assez plausible. Je risque d’être en retard pour mon déjeuner avec Ludo, Anouck négocie les rickshaws (sauf qu’elle elle parle indi quelque part ça aide… ). Le premier refuse de descendre en dessous de 50 roupis (ce qui est énorme vu que je suis à moins de 10 minutes en rickshaw de l’endroit où je dois me rendre, et que pour aller du Market jusque chez Anouck (dans le Sud) il faut 70-80 roupis max (et plus de vingt minutes…)).


Nous continuons, et essuyons deux refus, pour finalement en avoir un qui accepte le tarif de 30 roupis. Direction l’Impérial Hotel pour retrouver Ludo. Cette première balade en rickshaw est assez géniale. Pratique, amusant, et ça me permet de bien voir, observer ce qui se passe dans la rue. Je poursuis mon repérage « photo », en shootant avec mon petit numérique pour tester lumière, shooter les gens, avant de passer à l’argentique.

 

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L’Impérial Hotel, pour l’historique, c’est ici. J’aime ces hôtels qui ont une histoire, tout comme le Grand Hotel de Saïgon (ou Hô Chi Minh City, mais je ne me fais pas au nom). Il a le « cachet » d’une bâtisse sobre, chic et classe. Beaucoup plus élégant que le Sheraton Maurya. Je m’installe dans le lounge, Ludo a du retard. J’en profite pour me changer et enfiler la Kurta rose en vue de mon après-midi balade. A peine le temps de me ré-asseoir que Ludal arrive, et nous nous dirigeons vers la terrasse de l’hôtel – au rez-de-chaussée cette fois-ci -.

Buffet magnifique, cadre agréable. Le voyage continue dans le monde des expats, cadres d’affaire, puisque Ludal en arrivant connaît déjà 2 tables. Ca me donne de nouveau cette impression forte d’être encore à l’époque des colonies. Les hôtels chics pour la haute société (indienne ou expatriés – car il y avait de très élégant(e)s Indien(ne)s qui déjeunaient aussi. –) le reste pour … les autres.

P1030902.JPGJe vous laisse juger mon entrée, la suite ayant été composée de crevettes et riz à l’indienne, agneau… et… du FROMAGE (si, si, wonderful), fruits exotiques trempés dans du chocolat noir… Je vous l’accorde, mes repas sont loin d’être « roots » depuis que je suis arrivée… mais qu’importe, j’apprécie toujours autant les plaisirs de la vie et la cuisine en fait partie (et de repenser à une discuss’ à ce sujet avec Philippe D.). Après un déj’ légèrement prolongée, Ludal me propose gentiment les services de son chauffeur pour m’emmener à Lal Qila quand j’aurais fini de me balader sur la Connaught Place où d’ailleurs il me dépose. La « rootstitude » à la Lau est particulière, mais ça ne sera pas tout le temps comme ça, j’en profite donc.

Me voilà lâchée sur la Connaught Place, et j’apprécie d’être seule après avoir eu la chance d’être entourée pour mes premiers pas à Delhi. Objectif premier, trouver une carte sim locale pour éviter de payer la note de mon téléphone français. Je m’oriente vers un mobile store, où je me retrouve avec 4 hommes qui s’occupent de moi très gentiment, me programme mon tél, me chargent ma carte Sim après avoir demandé photo d’identité, photocopie passeport, une adresse à Delhi, mes coordonnées en France. (pour ceux/celles qui voudraient aussi se prendre une carte sim en inde). Je sors donc de la boutique, allégée de 100 roupis pour la carte sim et une recharge de 10 minutes communications en appels et à vie en réception + 225 roupis pour une recharge plus importante en call. Je suis parée pour mes 3 semaines en Inde.

Flanâge autour de la place, avec mon sport favori qui est d’observer ce qui se passe, me poser à un endroit et regarder la foule s’agiter ou vaquer à ses occupations quotidiennes. Combien de temps se passe, je n’en ai aucune idée, mais à je finis par me retrouver chez un disquaire avec qui je chache pendant une bonne vingtaine de minutes… J’ai une demande précise, de l’électro indien. Et lui de me faire écouter différents cds, en les mettant à fond dans la boutique. A ma gauche, 2 hommes prennent le thé. J’ai l’impression d’être dans High Fidelity, car des clients viennent lui demander et acheter ce qu’il passe comme musique, alors qu’une intervenant extérieur lui fait baisser le son. Le vendeur est musicien, flutiste si j’ai bien compris et il kiffe autant que moi d’écouter ces sons. N’ayant plus que très peu de monnaie sur moi, je repars avec un CD de Prem Joshua (plus doux), Taranga, à 295 roupis. Je pense à Dorinus, Joul, Nath et Lita pour cet épisode musical.

Mes déambulations se poursuivent jusqu’à l’hôtel Impérial, où j’appelle le chauffeur de Ludo. Il ne parle qu’un anglais très basique, néanmoins nous arrivons à établir un contact assez amical. Quand il comprend que c’est ma première fois, il m’indique sur la route ce que sont les bâtiments que nous croisons.

Le trajet vers le Lal Qila est assez long, le trafic as usual dense, mais j’adore. Ca me permet d’observer ce qui se passe dans Delhi, découvrir grossièrement les quartiers, et indirectement de faire mon repérage en me donnant une vue globale de la ville, pour pouvoir ensuite me balader en prenant mon temps…P1030969.JPG

Lal Qila est imposant, et la lumière de la fin de journée absolument magnifique sur ce bâtiment rouge. Les femmes en saari multicolores participent à cet harmonieux ensemble. La bise est légère.

Arrivée devant le « ticket service », c’est 250 roupis, n’ayant plus que 100 et quelques roupis sur moi, tant pis, j’irais à l’intérieur une autre fois, la faune extérieure suffisant largement déjà à combler mon regard. Pause. J’observe à nouveau les gens qui photographient le monument, les familles indiennes, les « routards » très facilement reconnaissables, les marchands de cartes postales, les chiens errants, les femmes voilées au loin, et le brouhaha en sourdine du boulevard lointain. La lumière crépusculaire est fort agréable. Je pars doucement de la place, pour sortir à nouveau dans l’agitation indienne, et rappeler le chauffeur.

Direction Ludal’s office pour le déposer à son hôtel, avant que le chauffeur ne me dépose moi-même chez Karan et Anouck. Une bonne heure de trajet pour faire tout ça, et nous sommes encore obligés de nous arrêter pour demander la route une seule fois et presqu’à destination. Les quartiers des ambassades de « New » Delhi sont très agréables… De grandes artères, la ville respire enfin dans ces endroits.

A peine arrivée, nous repartons dîner chez la sœur du mari de la sœur de Karan… Soirée « indienne », à l’indienne. Notre hôtesse et son mari, un couple, et un autre indien. Tous sont sikh à part l’Indien du New Jersey (il travaille en Inde et habite dans le New Jersey). J’apprends ce que sont les 5 symboles. Les 5K (en indien), à savoir le peigne, le bracelet, le turban, le couteau, le caleçon.. Et ils portent la barbe et les cheveux long normalement. A l’époque c’était pour se différencier le plus possible, car c’était des paysans (je crois) qui se révoltaient. La réputation des Sikhs était d’être plus physique et plus carré que la moyenne (ce qui n’est visiblement pas faux) et du coup très présents dans les armées. Anouck me disait qu’ils ne représentaient pas plus de 2% de la population indienne et à l’époque dans l’armée anglaise presque 60% de l’armée.

Notre hôte est guide de haute montagne dans l’Himalaya et les Alpes. Les hommes organisent leur prochain trek mi avril. L’invité de l’autre couple est un bon sportif, il se tape des trips en vélo de villes en ville en Inde. Skieur à Zermatt ou à Chamonix, ou dans le Cashmere. Pendant longtemps il a travaillé dans le real estate. Sa femme travaillait pendant longtemps pour Intel et donc a passé 2 ans dans la Silicon Valley, dont une année à San Francisco. Le dernier new-jerseyien lui a plusieurs boites d’accès à internet ou call center si j’ai bien compris. Bref, nous ne sommes pas chez une basse classe sociale indienne, mais dans le quartier résidentiel de Kailash. Ici des maisons partout, sur plusieurs étages. Le confort occidental. Anouck m’expliquait que souvent plusieurs familles acheter la maison et se répartissait les étages (max 1 ou 2). Nous sommes au deuxième étage.

La soirée se déroule presque à l’indienne tel que me l’avaient Karan et Anouck la veille. Nous discutons de manière assez prolongée avec un verre dans la main, alors que l’aide passe avec les appetizers (indiens). J’apprends que « soûr » signifie cochon sur un jeu de mot de Karan qui s’amuse de la proximité sonore de certains mots français et punjabi. (« soûr » .. sœur… bref ;)). Ils alternent anglais, indi et punjabi dans leurs conversations, c’est amusant. Une autre « soirée » indienne serait de boire jusqu’à 23h puis vaguement avaler quelque chose, mais sans passer à table.

Puis nous passons à table. Agneau épinards, champignon (« comb » en indi), lady fingers (bindhi en indi - ça n’existe pas en France, sorte de mini courgette un peu amère), fromage et p’tit pois, nan maison (mais pas à la française, plus petits, plus secs). Mon premier dîner indien made home. Et le dessert… indescriptible, sucré une sorte de crumble avec des cacahuètes pilées, de l’orange, et une texture bizarre. Je suis polie, j’avale tout. Fin du dîner, thé jasmin, vers 23h30 tout le monde lève le camp.

Demain, je vais bénéficier du chauffeur de ludo, ce qui va me permettre encore de continuer à dégrossir la ville et de me rendre plus vite à certains endroits, retourner acheter mon sari. Le soir je vais aller écouter les chants sufi à Nizzamundin avant d’aller inaugurer le restaurant d’un autre cousin de Karan. Peut-être aller à Benarès ce week-end ou voir le Taj Mahal.

Il est temps aussi de commencer à m’occuper de mon orphelinat, acclimatée désormais à Delhi. Et prévoir mes journées pour partir uniquement avec mon argentique pour aller shooter dans les différents quartiers à pied cette fois. (dans ces moments là je ne pars qu’avec mon appareil photo et le minimum vital).

Commentaires

Continues à nous raconter tes journées ! C'est super !!!! Papa

Écrit par : Papa | 19/03/2009

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