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17/03/2009

Delhi - 1h37 – 17/03/09

 

P1030700.JPGLes chiens hurlent à la mort dehors.. Tous ces chiens errants que j’ai croisés sur ma route ce matin alors que j’étais dans le pré-paidtaxi, ou à pied en faisant une courte excursion l’après-midi avec Anouck pendant que le service de « dé-moustiquatisation » répandait leur produit chimique dans l’appartement. Sans succès d’ailleurs, car ce soir 4 moustiques se balladaient gaiement dans ma chambre. Paix à leurs âmes, ils sont désormais parmi les défunts.

De temps en temps, on entend des bruits de moteurs, un avion qui passe. Delhi n’est jamais silencieuse, Anouck m’avait mise en garde. Des boules quies indispensables. J’ai oublié les boules quies, mais le bruit ne me dérange pas. Il participe à l’atmosphère très spéciale de Delhi. Il fait lourd, il fait chaud. Ce matin lors de mon atterrissage à 6h du matin, il faisait déjà 20 degrés, comme indiqué dans l’avion.

Delhi… J’ai été tant prévenue concernant mon premier contact avec l’Inde que finalement, je n’ai sans doute pas été choquée autant que je l’aurais peut-être été par la misère à laquelle nous sommes immédiatement confrontés lorsqu’on sort de l’aéroport.

A bord de mon « taxi », une espèce de micro-van noir et jaune à l’état douteux, on croise des vaches, des gosses à peine âgés de 6-7 ans qui errent sur les routes, des rickshaws, des trous sur la route qui secouent la voiture de temps à autres, des femmes et des hommes de tout âge aux tenues plus ou moins propres… La conduite est un grand mot, nous avançons de manière très inorganisée au gré de l’état de la route, des voitures à contre-sens, des bêtes, et de mon distrait conducteur qui me demande de quelle religion je suis, si je suis mariée, et d’où je viens. Je pense à ce que j’ai pu lire sur le blog de Tonio. Ses écrits étaient justes. P1030714.JPG

On approche de la « ville », et sur le bord des « logements » de fortune faits avec des tôles, des tissus, d’où nous voyons sortir tout à coup une femme transportant un panier… Parfois il n’y a même pas de « toit », mais un homme assis au milieu de déchets en tout genre qui a allumé un feu, et ne semblant même pas perturbé par l’insalubrité et la misère de son triste logis.

Delhi est sale, mais ce qui est étonnant c’est que tous ici pour la plupart ne semblent absolument pas perturbés – ou si peu – par leur situation. Anouck m’expliquait un peu plus tard que c’était un peu le cas. La philosophie/spiritualité indienne ne pousse pas à changer son destin, mais à se contenter de ce qu’il y a, sans transformer, sans améliorer. Par ailleurs, le manque d’éducation sur l’hygiène ou des principes de base environnementaux expliquent par exemple que les femmes trouvent assez normal de jeter leurs ordures par la fenêtre. C’est bien entendu valable pour les classes « populaires » et non pour les classes « éduquées ». Ici, on fait attention à son microcosme, sa famille, sa maison parfois à la limite de la maniaquerie chez certain(e)s indien(ne)s, mais en dehors on jette des papiers par terre ou autres détritus sans conscience. Namaste in India, ou en tous cas à Delhi pour l’instant.

Puis on traverse quelques quartiers résidentiels, de grandes maisons, des gardiens, des voitures de luxe qu’un voiturier – probablement – nettoie… La pauvreté et la misère n’atteignent pas tout le monde. Le contraste est saisissant de manière immédiate.

Delhi ce sont des odeurs fortes de caoutchouc brûlé (Karan me dit qu’en réalité ce sont les gaz des voitures), parfois quelque chose de ressemblant à du tabac à la fraise pour chicha, une atmosphère lourde un peu humide mêlée de poussières et pollution. Je n’aime pas l’odeur de Delhi. Elle accentue le sentiment d’étouffement.

P1030718.JPGIndian Institute of Technology Campus, Hauz Khaas. C’est là où je suis. Sur le campus, il y a majoritairement des hommes (étudiants, personnels, professeurs), des gardes à l’entrée mais qui paraît-il pour quelques roupis nous pouvons soudoyer… Ici tout se négocie – dixit Anouck - que ça soit pour ne pas embarquer la voiture à la fourrière que pour avoir son permis. Je retiens mon conseil du jour : pas plus de 70-80 roupis pour mes ballades en rickshaw.

Le soir, nous basculons dans un autre décor. Celui des expatriés chroniques, des hommes d’affaire en transit, en allant dîner à l’hotel Sheraton, invités généreusement par mon ami Ludo. Ca m’a toujours fascinée dans ces pays (je pense au Vietnam), la misère locale et les grands hotels de luxe. Je tente de m’imaginer à la place de ce personnel, pour la plupart payés des misères côtoyant toute la journée le luxe, le comfort, la profusion. A Abu Dhabi, un des personnels de l’Emirates Palace me disait qu’ils n’étaient pas payés plus de 200 euros par mois, logés certes, mais à quatre (minimum) dans des chambres confinées.

La colonisation n’’est plus, mais nous sommes des privilégiés profitant d’un système où la main d’œuvre est bon marché. Entendons-nous bien. J’apprécie pour autant le luxe de ces hotels sans culpabiliser. Prise de conscience n’est pas renoncer pour autant à cette chance que m’a offert la vie de pouvoir aussi évoluer dans un certain comfort. Le monde des expatriés c’est aussi la culture locale.

Une seule journée à Delhi, et j’ai déjà l’impression d’être dans un autre espace temps, et ce, malgré une longue et réparatrice sieste aujourd’hui… Demain je vais pouvoir aller découvrir – passée cette première impression et prises d’informations - cette ville étendue très hétérogène….

Car étrangement, j’aime Delhi pour ce qu’elle dégage – à défaut de vouloir y vivre, j’ai l’impression d’étouffer -, la vie à l’état brut, des croyances qui poussent les gens à créer un « temple » improvisé au pied d’un arbre, une fourmilière où parmi la « fange » la notion de vie est très relative… Car un en moins, c’est toujours de l’espace en plus, philosophie des désespérés ? Delhi, ne peut laisser personne indifférent. Il est 2h52 à Delhi, et il fait toujours aussi chaud....

ps : demain vidéo + photos  online.

22:32 Publié dans Divagations, Inde | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : delhi

Commentaires

hello chouchoune!! je propose une publication le dimanche sur Voldemag! dac ?
mais si t'écris ts les jours, ca va pas etre possible , hein ?! BON !

je pourrais te dire que tu me manques dejà mais ca serait vrai !
alors tu penses...
Romain est tout contrit....
et moi les analytiques, ca me gave!comme tes putain de bandes antennes en fait!
alors t'es gentille tu rentres à la MAISON !

et comme je sais que t'es une grosse looseuse et que t'as dejà perdu tes lunettes de vue ben, je sens que ca va pas durer longtemps tes petites affaires

je t'aime pas
cordialement
Bellâm/cholera/ nat

Écrit par : bellâm | 18/03/2009

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@ Bellâm : suis toujours d'acc avec toi... Bah tu sais quoi tu prendras des morceaux choisis, mais si ça peut te rassurer des "notes" dans ce style là ça ne sera pas nécessairement quotidien... car il va y avoir aussi mon "carnet de bord" qui est beaucoup plus 3615 my life ;)

Tu aimes les analytiques.. tout ça c'est une histoire de point de vue. et les bandes antennes j'vois pas de quoi tu parles .... c'est quoi ce mot déjà ?

Pour le reste ... figure toi que mes lunettes ont été retrouvées via un gps intégré ... ;)

Écrit par : Lau | 18/03/2009

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yeah :)

Écrit par : Mamzelle | 18/03/2009

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Je peux pas m'empêcher de rire en lisant ce que tu écris. Tout ce que tu décris, c'est ce que j'ai vécu et ressenti d'ailleurs ces 2 derniers jours je ne pense qu'à l'Inde et à ce que j'y ai vu et partagé. Ce pays mine de rien vous ensorcelle à jamais. Et ces photos ça rappelle tant de souvenirs. Ca fait sourire :)

Écrit par : Moummoune | 18/03/2009

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@ Mamzelle : yeah too ;) :p
@ Moummoune : tant mieux si tu revis ce que tu as vécu ça doit vouloir dire que j'arrive pas trop mal à retranscrire une certaine réalité.... !

Écrit par : Lau | 19/03/2009

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